Économie
Pétrole à 100 dollars : les Bourses européennes dévissent
Le baril de Brent franchit la barre des 100 dollars pour la première fois depuis mai, ravivant la peur de l’inflation. Résultat : les marchés plongent, la…

Le baril de Brent franchit la barre des 100 dollars pour la première fois depuis mai, ravivant la peur de l’inflation. Résultat : les marchés plongent, la BCE reste prudente et le luxe trinque.
Les places financières européennes ont terminé la journée dans le rouge. Jeudi, le CAC 40 a perdu 1,64 %, le Dax allemand 1,77 % et le FTSE 100 britannique 0,73 %. En cause, une flambée soudaine du prix du pétrole. Le Brent de la mer du Nord, référence mondiale, a bondi de 7,4 % pour atteindre 101,03 dollars le baril. Le brut américain WTI a grimpé de 6,73 % à 92,67 dollars. Une hausse qui n’est pas due au hasard. Les tensions au Moyen-Orient s’intensifient. Les Houthis pro-iraniens ont ouvert un nouveau front en mer Rouge, qui s’ajoute au blocus du détroit d’Ormuz. Résultat, l’offre de pétrole est menacée, et les prix s’envolent. Le gaz européen suit la même tendance, porté par l’escalade du conflit.
Cette poussée des prix de l’énergie relance la peur de l’inflation. Les marchés craignent que la hausse des coûts ne dure et n’oblige les banques centrales à durcir leur politique monétaire. La Banque centrale européenne s’est réunie ce jeudi. Sans surprise, elle a maintenu ses taux inchangés. Mais son discours a été jugé très ferme, prêt à agir en septembre si la pression inflationniste persiste. Les investisseurs jugent désormais la probabilité d’une hausse de taux en septembre à 95 %. Même chose pour un nouveau tour de vis d’ici décembre. L’incertitude géopolitique complique la tâche des banquiers centraux, qui doivent jongler entre risque de récession et inflation.
Sur les marchés, les écarts sont nets. Le secteur de l’énergie a profité de la flambée du brut TotalEnergies a gagné 2,54 % après des résultats en forte hausse. À l’inverse, les valeurs du voyage, des banques et de la technologie ont souffert. Le luxe a particulièrement pâti. Moncler a chuté de 7,8 %, entraînant LVMH, Kering et Hermès dans le rouge. Le secteur du luxe européen a perdu 3,53 % sur fond de craintes liées au Moyen-Orient. STMicroelectronics a dévissé de plus de 17 % après des prévisions décevantes. Aux États-Unis, Wall Street était aussi dans le rouge, plombé par les inquiétudes sur les dépenses massives dans l’intelligence artificielle. Alphabet et Tesla ont reculé de 6,5 % et 13 %. Les rendements obligataires ont grimpé, signe que les investisseurs anticipent une politique monétaire plus restrictive. Le rendement du Bund allemand à dix ans a dépassé les 3,21 %, un niveau inédit depuis la crise de la dette de 2011. Celui de l’OAT française a retrouvé 4,03 %, comme en 2009. Le dollar, valeur refuge, s’est renforcé face à l’euro, qui a glissé à 1,1370 dollar.
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