Économie
La BCE laisse ses taux inchangés, mais le pétrole pourrait tout changer
La Banque centrale européenne a gardé son taux à 2,25% jeudi, malgré la flambée des prix du pétrole liée aux nouvelles tensions au Moyen-Orient. Une pause…


La Banque centrale européenne a gardé son taux à 2,25% jeudi, malgré la flambée des prix du pétrole liée aux nouvelles tensions au Moyen-Orient. Une pause qui pourrait être de courte durée : l’inflation reste trop élevée et la menace d’un nouveau resserrement plane.
Ce statu quo était attendu, mais il cache une réalité bien plus instable. En juin, la BCE avait relevé ses taux pour la première fois depuis près de trois ans, une décision dictée par l’accélération de l’inflation depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février. Depuis, les hostilités entre l’Iran et les États-Unis ont repris de plus belle, avec un nouveau blocus du détroit d’Ormuz. Résultat, le prix du pétrole flambe à nouveau. Et ça, c’est une très mauvaise nouvelle pour la BCE. L’institution le dit elle-même dans son communiqué l’incertitude reste élevée et l’impact inflationniste de la crise énergétique ne s’est pas encore pleinement manifesté. Autrement dit le pire est peut-être à venir.
Pourtant, certains signes donnaient de l’espoir. En juin, un protocole d’accord avait été signé entre Washington et Téhéran, faisant miroiter une détente. Les marchés avaient alors respiré. Mais les récentes tensions ont tout remis en cause. Résultat, l’inflation en zone euro a bien ralenti à 2,8% en juin, mais elle reste très loin de l’objectif des 2%. Une majorité d’économistes interrogés en juillet pensent d’ailleurs que la BCE annoncera une deuxième hausse des taux en septembre. Les responsables de l’institution ont pourtant répété début juillet que les effets de second tour de l’inflation ne s’étaient pas encore matérialisés. Un message prudent, mais qui n’écarte rien.
Alors que Christine Lagarde doit s’exprimer en conférence de presse dans la journée, le vrai dilemme de la BCE est clair. Faut-il resserrer encore la vis pour casser l’inflation, au risque de ralentir l’économie et les ménages déjà sous pression Ou laisser le temps agir, en espérant que la flambée du pétrole ne soit qu’un feu de paille Entre risque de récession et crainte d’une inflation durable, la banque centrale marche sur un fil. Et le prochain pas pourrait être décisif.
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