Économie
TotalEnergies double ses profits en trois mois et rallume le feu sur la taxation des superprofits
Le géant pétrolier français a annoncé un bénéfice net de 5,4 milliards de dollars au deuxième trimestre, soit le double de l’an dernier. Une performance…


Le géant pétrolier français a annoncé un bénéfice net de 5,4 milliards de dollars au deuxième trimestre, soit le double de l’an dernier. Une performance dopée par les prix élevés des hydrocarbures qui relance les appels à une taxation des superprofits.
L’annonce est tombée jeudi et elle fait déjà des vagues. TotalEnergies a engrangé 5,4 milliards de dollars de bénéfice net entre avril et juin. C’est deux fois plus qu’à la même période l’année dernière. Sur l’ensemble du premier semestre, le groupe atteint 11,2 milliards de dollars, en hausse de 73% par rapport à 2023. Un chiffre qui dépasse même les 10,6 milliards enregistrés au premier semestre 2022, année du début de la guerre en Ukraine. Le PDG Patrick Pouyanné s’en réjouit, expliquant que le modèle intégré du groupe lui permet de tirer son épingle du jeu dans un contexte de prix élevés liés au conflit au Moyen-Orient. Pourtant, ce résultat est légèrement en dessous des attentes des investisseurs, notamment à cause d’une baisse dans le secteur stratégique du gaz naturel liquéfié, affecté par un marché européen faible.
Cette nouvelle performance financière a immédiatement relancé les critiques. À gauche, le président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, Eric Coquerel, a dénoncé sur X des « bénéfices de guerre sur le dos des consommateurs ». De leur côté, plusieurs ONG dont Greenpeace France, Oxfam France et 350.org ont jugé ces profits « particulièrement indécents ». Elles soulignent que la France subit des canicules à répétition liées au réchauffement climatique, dont l’industrie pétrolière est en grande partie responsable. Fanny Petitbon, directrice de 350.org en France, rappelle que les gouvernements vont se réunir à New York en août pour négocier une convention fiscale à l’ONU. Pour elle, c’est l’occasion historique de faire payer les pollueurs et de financer la protection des populations. Face à ces attaques, la ministre déléguée à l’Énergie Maud Bregeon a refusé de tomber dans ce qu’elle appelle le « Total bashing ». Elle répète que le groupe est une chance pour la France, qu’il assure l’approvisionnement des Français et aide à tirer les prix vers le bas.
Malgré les polémiques, TotalEnergies continue d’investir dans la production. Entre avril et juin, sa production de pétrole et de gaz a augmenté de plus de 4% sur un an. Des projets au Brésil, aux États-Unis et en Libye ont compensé les pertes au Moyen-Orient, où le groupe a dû faire face à des difficultés d’accès au détroit d’Ormuz. Le raffinage et le négoce ont aussi profité de la volatilité des cours, avec un résultat opérationnel en hausse de 24%. Sur le plan financier, le groupe confirme ses priorités : le dividende et le désendettement. Un deuxième acompte sur le dividende de l’année 2026 a été annoncé, en hausse de 5,9% par rapport à 2025. De quoi satisfaire les actionnaires, alors que le débat sur la taxation des superprofits est loin d’être clos.
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