Nous rejoindre sur les réseaux

Monde

New Delhi efface les graffitis d’une révolte étudiante victorieuse

La nuit venue, des dizaines d’agents municipaux ont nettoyé les moindres traces de l’occupation étudiante à Jantar Mantar. La mobilisation a pourtant déjà…

Article

le

New Delhi efface les graffitis d'une révolte étudiante victorieuse

La nuit venue, des dizaines d’agents municipaux ont nettoyé les moindres traces de l’occupation étudiante à Jantar Mantar. La mobilisation a pourtant déjà obtenu ce qu’elle réclamait la démission du ministre de l’Éducation.

L’esplanade de Jantar Mantar, au cœur de la capitale indienne, ressemblait à un champ de bataille pacifique depuis une semaine. Des milliers d’étudiants y avaient installé leur campement, transformant les murs en une immense galerie à ciel ouvert. Slogans, posters géants et photos des violences policières couvraient chaque façade. Dimanche, dès minuit, les agents municipaux sont arrivés. Ils ont tout effacé. Détritus, calicots, graffitis, rien n’a échappé aux jets d’eau sous pression et aux coups de pinceau. Un nettoyeur raconte être venu dès le départ des manifestants, ajoutant qu’une deuxième couche de peinture sera nécessaire pour cacher entièrement les slogans encore visibles.

Cette occupation était le point d’orgue d’une contestation partie d’une affaire de fraudes aux examens. Le gouvernement était accusé de couvrir des irrégularités. Les choses ont basculé lundi, quand une marche vers le Parlement a été brutalement réprimée à coups de lathis, ces longs bâtons utilisés par la police. Le bilan est lourd 180 blessés parmi les forces de l’ordre et plusieurs centaines du côté des manifestants. Face à l’ampleur du mouvement, porté par le mystérieux « parti du peuple des cafards » (CJP) né en ligne, le Premier ministre Narendra Modi a dû céder. Samedi, il a accepté la démission du ministre de l’Éducation, l’exigence numéro un des « cafards ». Le CJP a alors appelé ses troupes à rentrer chez elles calmement.

Mais la mémoire des lieux ne se limite pas aux murs repeints. Pendant l’occupation, les étudiants avaient constitué un « mur de la honte » où ils exposaient des preuves des violences policières. Un organisateur, Rahul, avait pris soin de tout photographier et filmer pour que rien ne soit oublié. Sage décision, puisque dimanche l’exposition a été démantelée. Désormais, seuls quelques badauds et retardataires arpentent l’esplanade. Comme Nayan Thakrele, 19 ans, arrivé en train du Madhya Pradesh après la fin de la mobilisation. Il a tout suivi sur Instagram et regrette d’avoir manqué cette « atmosphère excitante ». Mais il promet déjà de revenir quand il faudra réclamer la tête d’un autre ministre.

À lire aussi

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus