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Diomaye Faye sort son bouclier et tourne la page Sonko

Le président sénégalais a lancé son propre parti, Kiiraay, actant une rupture désormais officielle avec son ex-mentor Ousmane Sonko. Un divorce politique…

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Diomaye Faye sort son bouclier et tourne la page Sonko

Le président sénégalais a lancé son propre parti, Kiiraay, actant une rupture désormais officielle avec son ex-mentor Ousmane Sonko. Un divorce politique qui rebat les cartes d’un pouvoir construit sur une promesse de changement.

Samedi à Dakar, Bassirou Diomaye Faye a présenté Kiiraay, un nouveau parti dont le nom signifie « protection » ou « bouclier » en wolof. Devant plusieurs centaines de partisans entassés dans un grand hôtel de la capitale, et d’autres massés dehors sous une chaleur écrasante, le chef de l’État a officialisé sa séparation d’avec le Pastef, le mouvement panafricaniste dirigé par Ousmane Sonko. Les deux hommes avaient conquis le pouvoir ensemble en 2024, portés par un discours anti-corruption et une promesse de justice sociale. Mais depuis le limogeage de Sonko du poste de Premier ministre en mai, les fissures se sont transformées en fossé.

Pour comprendre cette rupture, il faut remonter à l’origine du tandem. Sonko, empêché de se présenter à la présidentielle après une condamnation pour diffamation, avait propulsé Faye comme candidat de substitution. Une fois élu, Faye nomme Sonko à Matignon. Mais les divergences sur la gestion de la dette publique et l’orientation politique se creusent. Le 22 mai, Faye le remercie. Sonko devient président de l’Assemblée nationale, où son parti contrôle 130 sièges sur 165. Une tentative de l’Assemblée de réduire les pouvoirs du président – en lui interdisant de diriger un parti – a été invalidée par le Conseil constitutionnel en juillet. Kiiraay, dont le slogan est « Patriotes républicains », se veut désormais le parti « majoritaire » selon Faye, qui mise sur la transparence, la fraternité et le travail.

Des militants du Pastef ont déjà rejoint le camp présidentiel. Dans la foule, une femme de 43 ans venue de la banlieue de Dakar loue « un homme de paix » et exprime une franche aversion pour Sonko. Après deux ans au pouvoir, certains estiment que les réformes promises ne pouvaient pas aboutir dans le cadre du Pastef. Le nouveau parti tiendra son congrès après la saison des pluies. Une chose est sûre : le paysage politique sénégalais entre dans une phase inédite, où le bouclier présidentiel affronte directement l’ombre de l’ancien mentor.

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