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Un missile houthi frappe une raffinerie saoudienne, le conflit régional s’aggrave

Les rebelles yéménites ont visé une installation pétrolière dans le sud-ouest de l’Arabie saoudite, en riposte à des frappes de Ryad. Alors que l’Iran…

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Un missile houthi frappe une raffinerie saoudienne, le conflit régional s'aggrave

Les rebelles yéménites ont visé une installation pétrolière dans le sud-ouest de l’Arabie saoudite, en riposte à des frappes de Ryad. Alors que l’Iran connaît une accalmie après des bombardements américains, Donald Trump menace d’intensifier les frappes.

L’attaque a eu lieu samedi près de la ville côtière de Jizan, à la frontière avec le Yémen. Le site d’information des Houthis a revendiqué un tir de missile, et des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent des nuages noirs s’élevant au-dessus d’une raffinerie du géant Saudi Aramco. L’agence de défense civile saoudienne a ensuite levé l’alerte à Jizan ainsi qu’à Yanbu, une autre ville portuaire plus au nord. Les Houthis avaient aussi signalé des frappes saoudiennes sur Hodeida, un port qu’ils contrôlent sur la côte ouest du Yémen, promettant une riposte. Une habitante de Hodeida, Faiza, 36 ans et mère de deux enfants, raconte avoir entendu trois explosions comme « un coup de tonnerre ». « Je ne voulais pas croire que les frappes avaient repris », confie-t-elle, alors que le conflit au Yémen a déjà fait des centaines de milliers de morts.

Cette escalade survient après quatre ans de trêve entre les Houthis et l’Arabie saoudite, qui avait soutenu militairement le gouvernement yéménite à partir de 2015. Les hostilités ont repris le 13 juillet, et depuis, les rebelles ont attaqué un aéroport saoudien la semaine dernière, puis ce missile sur Jizan. De son côté, la coalition militaire dirigée par Ryad assure avoir « apporté une réponse décisive » contre des sites militaires houthis après l’attaque. Les Houthis dénoncent « une escalade dangereuse ». Parallèlement, les rebelles ont annoncé vouloir bloquer le trafic maritime des navires saoudiens en mer Rouge et dans le golfe d’Aden, une route devenue vitale pour le royaume depuis que Téhéran verrouille le détroit d’Ormuz. Pour l’instant, le trafic se maintient dans le détroit de Bab el-Mandeb, mais certains bateaux ont déjà fait demi-tour.

La tension n’épargne pas l’Iran. Donald Trump a menacé les Houthis et Téhéran d’une « punition militaire majeure », sans fermer la porte à la diplomatie. « Je pense qu’ils deviennent de plus en plus sérieux », a-t-il dit, en référence aux frappes américaines quasi-quotidiennes. L’Iran a le choix entre un accord ou un « niveau bien pire » de bombardements, a averti le président américain. Depuis la reprise des hostilités le 7 juillet, l’Iran riposte en visant les alliés des États-Unis dans la région, revendiquant des attaques contre des installations militaires à Bahreïn, en Jordanie et au Koweït. « Pour chaque fier citoyen iranien tué, un soldat américain sera envoyé en enfer », a menacé le chef de l’armée iranienne. Trois militaires américains ont été tués en Jordanie et en Irak. Côté iranien, le dernier bilan officiel fait état de 59 morts et plus de 600 blessés depuis fin juin. La guerre s’enlise, et le prix du pétrole a franchi la barre des 100 dollars cette semaine avant de refluer, preuve de l’incertitude qui pèse sur une région clé pour l’économie mondiale.

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