Politique
Monique Barbut, la ministre qui refuse de céder sur les pesticides interdits
La ministre de la Transition écologique menace de démissionner si le gouvernement valide le retour de certains pesticides bannis dans la loi agricole. Un…

La ministre de la Transition écologique menace de démissionner si le gouvernement valide le retour de certains pesticides bannis dans la loi agricole. Un bras de fer qui révèle neuf mois de combats discrets mais intenses.
Monique Barbut est prête à tirer la prise. Depuis des jours, elle alerte sur le retour partiel de molécules interdites dans le texte d’urgence agricole. Un arbitrage lundi a maintenu ces substances. Elle a passé cinquante minutes mardi chez le Premier ministre Sébastien Lecornu, sans un mot à la sortie. Son départ est désormais une option sérieuse. Ce n’est pas la première fois qu’elle met sa démission en jeu. Début d’année, elle s’était opposée à la réintroduction d’hydrocarbures dans les outre-mer, menaçant de partir avant de gagner l’arbitrage. Sur les budgets aussi, elle avait haussé le ton. Le Fonds vert a été réduit à 837 millions pour 2026, mais elle a obtenu un maintien qu’elle juge vital. Son franc-parler dérange autant qu’il bluffe.
Pourtant, cette femme de 69 ans n’est pas une novice. Ancienne présidente du WWF France et de la Convention de l’ONU sur la désertification, elle a passé des années dans l’ombre des négociations internationales. Elle a été émissaire d’Emmanuel Macron pour la biodiversité. Mais propulsée ministre en octobre, elle s’est retrouvée seule. Pas de réseau au Parlement, peu d’alliés au gouvernement. Ses prises de parole rares ont parfois mal tourné. En juin, elle a présenté un scénario caniculaire de Météo-France comme une certitude, obligeant la porte-parole à recadrer. Quelques jours plus tard, ses remarques sur la climatisation ont enflammé les réseaux. Son ministre délégué, Mathieu Lefèvre, prend régulièrement le contre-pied de ses positions, que ce soit sur le budget ou la gestion des forêts. Il défend un moratoire sur les normes bois, contre l’avis de sa ministre.
Malgré les coups, elle a tenu sur certains dossiers. La protection du grand tétras et du lagopède alpin a avancé grâce à son obstination, selon la Ligue pour la protection des oiseaux. Un responsable associatif la décrit comme très courageuse mais pénalisée par son manque d’incarnation médiatique. L’association Agir pour l’Environnement l’a même critiquée pour son absence quasi permanente à l’Assemblée nationale. Sous les projecteurs ou dans les coulisses, Monique Barbut a choisi son camp. Celui des dossiers, quitte à tout perdre.
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