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L’Iran brise le blocus américain dans le détroit d’Ormuz

Alors que Washington et Téhéran s’apprêtent à signer un accord vendredi, trois pétroliers iraniens chargés de près de 5 millions de barils ont franchi le…

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L'Iran brise le blocus américain dans le détroit d'Ormuz

Alors que Washington et Téhéran s’apprêtent à signer un accord vendredi, trois pétroliers iraniens chargés de près de 5 millions de barils ont franchi le blocus américain. Un premier signe de détente après des mois de guerre et de paralysie du trafic maritime.

C’est une image qui dit tout de la bascule en cours. Trois pétroliers de la compagnie nationale iranienne viennent de forcer le blocus imposé par les États-Unis dans le détroit d’Ormuz, rapportent des services de suivi maritime. À leur bord, 4,8 millions de barils de brut, les premières exportations iraniennes depuis deux mois. Le geste est lourd de sens. Il intervient deux jours avant la signature d’un accord entre l’Iran et les États-Unis, un texte d’une page et demie, très général, qui doit stopper la guerre ouverte depuis fin février et ouvrir des négociations sur les sujets qui fâchent. Le prix du baril de Brent, lui, est déjà redescendu sous les 80 dollars, signe que les marchés respirent.

L’accord, négocié dans la douleur après des milliers de morts en Iran et au Liban, prévoit une levée immédiate du blocus américain sur les ports iraniens. Washington autoriserait Téhéran à vendre son pétrole et son carburant, et lèverait des sanctions dans les secteurs bancaires et des transports. La cérémonie de signature se tient vendredi dans un hôtel de luxe en Suisse, sur le Bürgenstock, avec le vice-président américain JD Vance et le négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf. Donald Trump, lui, est à quelques kilomètres de là, au sommet du G7 à Évian. Mais ne vous y trompez pas. Ce n’est pas une paix en bonne et due forme. C’est un répit, une trêve qui permet à la diplomatie de reprendre son souffle après des mois de violence.

Reste que les divergences sont béantes. Le sort du détroit d’Ormuz n’est pas réglé. L’Iran ne veut pas revenir à la situation d’avant et compte facturer des frais de passage aux navires. Les États-Unis insistent pour un accès gratuit. Autre point noir, le programme nucléaire iranien et la levée totale des sanctions qui étouffent l’économie du pays feront l’objet de négociations dans les soixante jours. Le climat est lourd de défiance. Téhéran rappelle que les précédents accords ont été torpillés. Pendant ce temps, au Liban, les frappes israéliennes continuent. Quatre personnes ont été tuées dans le sud du pays. L’Iran menace d’une réponse sévère si Israël ne cesse pas ses bombardements. Benjamin Netanyahu prévient que ses troupes resteront au Liban, en Syrie et à Gaza aussi longtemps qu’il le faudra. L’accord américano-iranien laisse un goût amer à Tel-Aviv. Et la question des alliés régionaux, Hezbollah en tête, n’est pas encore sur la table.

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