Monde
Kazan contre G7 le duel diplomatique de Poutine avec l’Asie
Pendant que Donald Trump promet d’intensifier les pressions sur Moscou au sommet du G7, Vladimir Poutine réunit chez lui les dirigeants de l’ASEAN pour un…


Pendant que Donald Trump promet d’intensifier les pressions sur Moscou au sommet du G7, Vladimir Poutine réunit chez lui les dirigeants de l’ASEAN pour un sommet de deux jours à Kazan. Le message est clair : la Russie veut compter sur l’Asie pour contourner les sanctions et maintenir son économie de guerre.
Vladimir Poutine, 73 ans, accueille mercredi à Kazan, dans la région du Tatarstan, plusieurs Premiers ministres asiatiques. Le Thaïlandais Anutin Charnvirakul, le Vietnamien Le Minh Hung, le Cambodgien Hun Manet, le Laotien Sonexay Siphandone, le Malaisien Anwar Ibrahim, le Singapourien Lawrence Wong et le président philippin Ferdinand Marcos Jr sont attendus. Ce sommet de deux jours célèbre les 35 ans de partenariat entre la Russie et l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est. Les 11 pays membres de l’ASEAN envoient des représentants. Le Kremlin précise que la cérémonie d’ouverture a lieu mercredi et que la journée principale de travail est jeudi. Au programme, un échange sur les problèmes mondiaux et régionaux, un bilan des accomplissements du partenariat et la fixation de nouveaux objectifs dans les domaines politiques, sécuritaire, commerciaux et des investissements.
Depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022 et les lourdes sanctions occidentales qui ont suivi, Moscou tente de réorienter son économie vers l’Asie, notamment ses exportations d’hydrocarbures. En amont du sommet, le Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim a déclaré que sa rencontre avec Poutine viserait à garantir que les approvisionnements en pétrole russe de la Malaisie se poursuivent. Ce rééquilibrage est d’autant plus crucial que Donald Trump, au G7 en France, s’est dit prêt à rétablir les sanctions contre le pétrole russe. Il estime que la baisse des cours du brut, depuis l’annonce d’un accord au Moyen-Orient, rend ce levier plus efficace. Le président américain a jugé que la Russie devrait conclure un accord pour arrêter la guerre.
Mais sur le terrain ukrainien, la situation militaire russe montre des signes d’essoufflement. Les analystes pointent une progression plus lente et plus coûteuse. Moscou affiche toujours l’objectif de prendre toute la région de Donetsk, mais les soldats russes, plus nombreux et mieux armés, butent sur une nouvelle réalité de la guerre. L’omniprésence des drones rend chaque avancée risquée et crée une zone morte de plusieurs kilomètres de large entre les positions adverses. En parallèle, l’économie russe souffre d’une inflation élevée, de coûts d’emprunt prohibitifs et de pénuries de main-d’œuvre liées au conflit. Les dirigeants du G7, réunis avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, ont affiché leur volonté d’augmenter la pression sur Moscou via des sanctions sur les hydrocarbures. Zelensky a proposé une rencontre à Poutine pour négocier un arrêt des hostilités, mais le président russe refuse, disant n’accepter un rendez-vous que pour signer un accord final. Kiev a intensifié ses frappes sur les sites de production et de stockage de pétrole russes, y compris près de Kazan, pour tarir les revenus de la guerre.
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