Monde
« Je vous demande pardon » : le cri du cœur de Guterres aux femmes d’Haïti
En pleine crise humanitaire, le secrétaire général de l’ONU a reconnu l’échec de la communauté internationale face aux violences des gangs et à la misère…


En pleine crise humanitaire, le secrétaire général de l’ONU a reconnu l’échec de la communauté internationale face aux violences des gangs et à la misère des déplacés.
Dans une ancienne école de Port-au-Prince transformée en camp de fortune, Antonio Guterres a écouté, mardi, des femmes qui vivent l’enfer depuis près de deux ans. Sous une chaleur étouffante, dans une salle où s’entassent cinquante personnes par pièce, elles lui ont raconté leur quotidien. « J’ai tout perdu », a soufflé l’une d’elles, arrivée avec ses quatre enfants en novembre 2024. Une autre a décrit la vermine, les punaises, les enfants privés d’école. Le chef de l’ONU a alors baissé la tête. « Je vous demande pardon de n’avoir pas été capable de mobiliser la communauté internationale », a-t-il dit.
Son aveu, prononcé face à des femmes qui ont fui les gangs, n’est pas anodin. Les violences des groupes armés, avec leurs meurtres, enlèvements et viols, ont déjà poussé près d’un million et demi d’Haïtiens sur les routes. La moitié des onze millions d’habitants souffre d’insécurité alimentaire grave. Pourtant, le plan d’aide humanitaire de l’ONU pour 2026, chiffré à 880 millions de dollars, n’est financé qu’à moins d’un quart. Les promesses restent lettres mortes. Guterres l’a reconnu sans détour : le monde a détourné le regard.
Ce voyage de « solidarité » avait aussi un autre objectif : montrer que la force internationale déployée pour contrer les gangs avance, mais lentement. La nouvelle Force de répression des gangs, forte d’à peine mille hommes, remplace une précédente mission critiquée pour son manque de moyens. Composée de policiers et de militaires venus du Tchad, de Mongolie, de Jamaïque, du Guatemala et du Salvador, elle doit atteindre 5 500 personnels. Mais sur le terrain, les violences continuent. Depuis janvier, plus de 2 300 personnes ont été tuées, selon le Haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme. Les gangs contrôlent encore 90 % de la capitale. Dans le camp Colombie, la foule a lancé au secrétaire général un message simple en créole : « Nous voulons rentrer à la maison ».
À lire aussi





Faits DiversEn Ligne 3 joursLe pari risqué d’un septuagénaire pour sauver son village des incendies



ÉconomieEn Ligne 4 joursLe feu dévore aussi les commerces du bassin d’Arcachon



Faits DiversEn Ligne 6 joursIncendie géant en Gironde 220 000 évacués et le feu aux portes de Bordeaux



PlanèteEn Ligne 6 jours42 000 hectares en cendres le pire incendie français depuis 1949



Faits DiversEn Ligne 7 joursIls refusent de quitter leur maison malgré l’ordre d’évacuer face aux flammes



PolitiqueEn Ligne 6 jours100 jours pour faire basculer le Congrès américain



Faits DiversEn Ligne 6 joursEn Gironde un feu hors norme les pompiers retiennent leur souffle pour la cinquième nuit



Faits DiversEn Ligne 6 joursLe pastis, la plage et le brasier








