Économie
Le fils Bolsonaro condamné à quatre ans de prison pour avoir tiré les ficelles aux États-Unis
Eduardo Bolsonaro, le fils de l’ex-président brésilien d’extrême droite, écope de quatre ans de prison ferme. Il est reconnu coupable d’avoir fait du…


Eduardo Bolsonaro, le fils de l’ex-président brésilien d’extrême droite, écope de quatre ans de prison ferme. Il est reconnu coupable d’avoir fait du lobbying à Washington pour tenter de sauver son père, condamné pour tentative de coup d’État.
Eduardo Bolsonaro ne s’attendait sans doute pas à ce retour de bâton. Installé aux États-Unis depuis début 2025, cet ancien député de 41 ans a été jugé par la Cour suprême brésilienne pour avoir tenté d’influer sur le procès de son père. Son arme principale: le lobbying auprès de l’administration Trump pour pousser Washington à imposer des sanctions économiques au Brésil. Le parquet l’accuse d’avoir menacé les autorités judiciaires brésiliennes en brandissant la menace de représailles américaines si le procès de Jair Bolsonaro ne prenait pas la tournure souhaitée.
Quatre juges de la Cour suprême ont suivi l’accusation. Ils estiment qu’Eduardo a franchi une ligne rouge en utilisant son mandat de député pour faire pression de l’étranger contre son propre pays. Le juge Alexandre de Moraes, en charge du dossier, a tranché: un élu brésilien n’a pas à faire du lobbying à l’étranger contre les intérêts du Brésil. En plus de la peine de prison, Eduardo Bolsonaro est déclaré inéligible pour huit ans. Son mandat de député avait déjà été annulé en décembre pour absentéisme excessif après son départ pour les États-Unis.
Sur X, Eduardo a dénoncé un procès politique visant à l’écarter des prochaines sénatoriales. Son frère Flávio, sénateur et principal rival du président Lula, a crié à la vengeance et affirmé que le Brésil n’était plus une démocratie. Pourtant, le lobbying d’Eduardo avait bien fonctionné un temps. Washington avait imposé une surtaxe de 40% sur des produits brésiliens, justifiant cette mesure par une « chasse aux sorcières » contre l’ancien président. Mais cette taxe a été largement levée en novembre, sous la pression de l’inflation aux États-Unis et grâce à une détente diplomatique. Même les sanctions visant le juge de Moraes ont été abandonnées. La condamnation d’Eduardo tombe dans un climat de tensions renouvelées entre Brasília et Washington, après une rencontre entre Trump et Flávio Bolsonaro en mai.
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