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L’Europe veut sa place dans la bataille de l’intelligence artificielle

À l’ouverture de VivaTech, le plus grand salon tech européen, la souveraineté numérique s’impose comme le fil rouge. Entre investissements records et…

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L'Europe veut sa place dans la bataille de l'intelligence artificielle

À l’ouverture de VivaTech, le plus grand salon tech européen, la souveraineté numérique s’impose comme le fil rouge. Entre investissements records et choix stratégiques, la France et ses partenaires cherchent à réduire leur dépendance vis-à-vis des géants américains.

C’est un rendez-vous devenu incontournable. Depuis ce mercredi et jusqu’à samedi, le Parc des expositions de la porte de Versailles accueille la dixième édition de VivaTech. Au programme, 15 000 start-up venues présenter leurs innovations, des centaines de conférences et une flopée de têtes d’affiche. Jeff Bezos, le fondateur d’Amazon, est attendu dès le premier jour. Yann LeCun, le chercheur français star de l’intelligence artificielle, fera aussi le déplacement. Mais au-delà du show et des robots qui vont impressionner le public, une question centrale traverse cette édition 2025 : comment l’Europe peut-elle reprendre la main sur ses technologies?

La réponse se construit en plusieurs actes. Mardi, le ministre français Sébastien Lecornu a déjà mis les pieds dans le plat. Il a annoncé que le programme France 2030 allait injecter 655 millions d’euros supplémentaires dans le développement de l’IA. Un signal fort, accompagné d’une décision concrète : les services de renseignement français vont abandonner Palantir, le géant américain de l’analyse de données, pour se tourner vers son concurrent tricolore ChapsVision. L’intention est claire, la France veut bâtir son autonomie stratégique, et ce dans un contexte où les deux derniers modèles d’IA les plus puissants ont encore été conçus aux États-Unis par la société Anthropic.

Ce thème de la souveraineté ne concerne pas seulement la France. L’Allemagne est l’invitée d’honneur de cette édition, avec une délégation de 200 start-up. Un symbole fort pour les organisateurs, qui y voient la démonstration d’une ambition européenne commune face à la fragmentation mondiale. ASML, le géant néerlandais des machines à fabriquer des puces électroniques, sera également sous les projecteurs. Son PDG Christophe Fouquet doit intervenir. Son entreprise, devenue la plus grosse capitalisation boursière d’Europe, illustre parfaitement les enjeux de dépendance et de pouvoir dans la chaîne de valeur high-tech. Côté politique, Emmanuel Macron et le Premier ministre indien Narendra Modi sont attendus jeudi, pour un dialogue qui dépasse les simples enjeux commerciaux.

L’événement, c’est aussi un lieu où les annonces fusent. Partenariats, levées de fonds, nouvelles alliances. Les organisateurs ont vu grand pour ce dixième anniversaire : le salon passe de 50 000 à 70 000 mètres carrés, et vise une fréquentation record après les 180 000 visiteurs de l’an dernier. Dimanche, une première parade a déjà eu lieu sur les Champs-Élysées. Et pour le public, le clou du spectacle pourrait venir des robots humanoïdes. Les modèles des chinois Unitree et Agibot promettent des démonstrations bluffantes, tandis que les start-up européennes comme Genesis ou Pal Robotics montreront que la vieille Europe n’a pas dit son dernier mot dans la course à l’innovation.

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