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Des plantes modifiées sans gènes étrangers bientôt dans les champs européens

Le Parlement européen s’apprête à valider une nouvelle génération de semences modifiées. Ces techniques promettent des cultures plus résistantes mais…

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Des plantes modifiées sans gènes étrangers bientôt dans les champs européens

Le Parlement européen s’apprête à valider une nouvelle génération de semences modifiées. Ces techniques promettent des cultures plus résistantes mais suscitent l’inquiétude des défenseurs de l’environnement et des petits agriculteurs.

Ce mercredi à Strasbourg, les eurodéputés votent sur l’autorisation des nouvelles techniques génomiques, les NGT. Ces outils permettent de modifier le génome d’une plante sans lui ajouter d’ADN provenant d’une autre espèce. C’est la grande différence avec les OGM de première génération, interdits dans l’Union européenne à quelques exceptions près. Les NGT ne sont pas transgéniques, mais ce sont bel et bien des organismes génétiquement modifiés. Les partisans du texte mettent en avant des variétés capables de résister à la sécheresse, de consommer moins de pesticides ou même de produire du blé pauvre en gluten. Aux Antilles, les bananeraies espèrent grâce à elles lutter contre un champignon ravageur, la cercosporiose noire.

Le monde agricole est pourtant divisé. Les grandes organisations comme le Copa-Cogeca et les semenciers soutiennent ces techniques pour rester compétitifs face aux États-Unis et à la Chine. Mais la Confédération paysanne, troisième syndicat agricole français, dénonce un risque de privatisation du vivant. Thomas Gibert, maraîcher et porte-parole du syndicat, voit dans les NGT un moyen pour l’agro-industrie d’homogénéiser les cultures au détriment de la diversité. Une soixantaine d’agriculteurs ont manifesté mardi devant le Parlement européen pour s’opposer au texte, réclamant une traçabilité stricte et des limites sur les brevets.

Sur le volet des brevets, le socialiste français Christophe Clergeau tente d’obtenir des garde-fous. Il craint une concentration du marché entre quelques grandes entreprises internationales, ce qui ferait disparaître les petits producteurs de semences. Hors de cette question, le vote semble joué d’avance. Les NGT de catégorie 1, qui ne subissent que des mutations limitées, seront considérées comme équivalentes aux variétés conventionnelles. Pas d’étiquetage prévu sur les étals, seulement sur les sacs de semences. L’agriculture biologique restera interdite d’utiliser ces techniques. Quant aux NGT résistantes aux herbicides ou produisant des insecticides, elles ne seront pas autorisées. Il faudra encore plusieurs années avant que les premiers aliments issus de ces plantes arrivent dans les assiettes, mais les enjeux, eux, sont déjà sur la table.

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