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Le bio fait son grand retour dans les chariots, mais les surfaces agricoles continuent de fondre

En 2025, les Français ont remis du bio dans leur panier avec une hausse des ventes de 3,6%. Pourtant, les terres cultivées en mode bio ont encore diminué…

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Le bio fait son grand retour dans les chariots, mais les surfaces agricoles continuent de fondre

En 2025, les Français ont remis du bio dans leur panier avec une hausse des ventes de 3,6%. Pourtant, les terres cultivées en mode bio ont encore diminué et le nombre de fermes engagées a reculé pour la première fois.

Le paradoxe est frappant. D’un côté, la consommation de produits bio repart en flèche après des années difficiles. Les ventes atteignent 12,6 milliards d’euros, un niveau qui se rapproche du record de 2020. Cette reprise est portée par une hausse des volumes achetés, mais aussi par un léger effet prix. Les consommateurs retrouvent le chemin des rayons bio, dans tous les circuits, y compris la grande distribution qui renoue avec la croissance pour la première fois depuis longtemps. La restauration collective, elle, progresse de près de 7%. Un vrai signal de confiance.

Mais du côté des champs, l’histoire est moins rose. La France a perdu 30 737 hectares dédiés à l’agriculture biologique en 2025. C’est moins que les deux années précédentes où les baisses dépassaient les 50 000 hectares, mais c’est une troisième année de recul consécutive. Au total, les surfaces bio représentent 2,69 millions d’hectares, soit 10% de la surface agricole française. Un chiffre stable depuis 2021, mais très loin de l’objectif fixé par la loi, qui vise 21% d’ici 2030. Et pour la première fois, le nombre de fermes bio a baissé de 1,3%, passant à 61 159 exploitations.

Cette baisse s’explique en partie par la période d’inflation qui a frappé à partir de 2022. Beaucoup d’agriculteurs ont alors abandonné le bio, la demande ayant chuté avec la crise du pouvoir d’achat. La conversion au bio prend plusieurs années, et ces déconversions ont laissé des traces. Pourtant, des signes encourageants apparaissent. Certaines filières comme les grandes cultures et le maraîchage voient leurs surfaces en première année de conversion augmenter à nouveau. Les secteurs laitier et viande bovine, qui avaient connu d’importantes déconversions, montrent aussi des signes d’optimisme. Bruno Martel, président de l’Agence Bio, évoque un « regain de sensibilisation » des consommateurs, lié au retour dans l’actualité des sujets sur les pesticides et la qualité de l’eau.

Reste un défi majeur : la restauration hors domicile, qui ne représente qu’un dixième de la consommation de produits bio. Les cantines sont encore très loin de l’objectif de 20% de produits bio. Mi-mai, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a exhorté les cantines de l’État à montrer l’exemple. Dans le même temps, l’Agence Bio, un temps menacée de disparition, a vu ses budgets 2026 confirmés. Genevard a réaffirmé son soutien au bio lors d’une visite chez Bruno Martel, annonçant un fléchage de cinq millions d’euros vers l’agriculture bio. Une aide bienvenue, mais qui ne compense pas le retard pris. La reprise du bio ne dépend pas que des consommateurs ou des agriculteurs. Elle passe aussi par des choix politiques forts et par la confiance de toute une filiale.

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