Planète
La Loire étouffe sous les 30°C
Le grand fleuve français subit une sécheresse historique dès le début de l’été, avec des eaux à près de 30 degrés. Pêcheurs et bateliers tirent la…

Le grand fleuve français subit une sécheresse historique dès le début de l’été, avec des eaux à près de 30 degrés. Pêcheurs et bateliers tirent la sonnette d’alarme, tandis que poissons et navigation sont en sursis.
Les bancs de sable s’étendent à perte de vue et l’eau dépasse les 30°C par endroits. Pour Michel Navarro, pêcheur retraité du village de Bou dans le Loiret, la situation devient critique. En trois jours à peine, le niveau a encore baissé de plusieurs centimètres. Les poissons qu’il remonte ont déjà le corps brûlant. À cette température, les espèces comme le brochet ou le barbeau frôlent leur seuil de survie. Michael Renard, spécialiste des milieux aquatiques, explique que les poissons ne peuvent pas réguler leur température corporelle. Si l’eau atteint 31 ou 32°C, c’est la mort assurée pour certains d’entre eux. Déjà, après la dernière canicule, plusieurs témoins ont aperçu des cadavres de poissons flottant à la surface.
La chaleur favorise aussi la prolifération des algues filamenteuses. Ces dernières consomment l’oxygène disponible, ajoutant une pression supplémentaire sur un écosystème déjà fragilisé. Pourtant, l’année avait bien débuté avec des précipitations abondantes et même des crues. Mais la sécheresse s’est installée très vite. Mercredi, le fleuve a été placé en état d’alerte, le deuxième niveau de vigilance sur quatre. Les agriculteurs et certains industriels doivent déjà réduire leur consommation d’eau. À Orléans, les bateaux traditionnels peinent à naviguer en dehors du bras canalisé. Mathieu Bourgoin, pilote d’une embarcation qui fait la navette entre les deux rives, doit slalomer entre les hauts-fonds. Avec seulement 30 à 40 centimètres de tirant d’eau par endroits, la marge est infime. Si le niveau continue de baisser, il craint de ne bientôt plus pouvoir passer du tout.
Les trois épisodes caniculaires depuis fin mai ont mis le fleuve sous tension. Selon la directrice régionale de l’environnement, cette année est déjà classée parmi les plus sèches, comparable à 2003 ou 2019. Mais avec une particularité inquiétante : tout arrive plus tôt. Les barrages de Villerest et de Naussac, qui soutiennent le débit de la Loire en été, ont été activés en avance. Malgré cela, le débit à Gien n’est plus que de 45 m³/s, contre 83 m³/s début juin et 165 m³/s mi-mai. Sans pluies significatives dans les semaines à venir, ce soutien d’étiage devra être réduit. Les conséquences se feront sentir sur la faune, la flore, mais aussi sur le tourisme, l’agriculture et l’industrie qui dépendent tous du plus long fleuve de France.
À lire aussi

Faits DiversEn Ligne 3 joursGironde la forêt des Landes engloutie par un incendie dévastateur
Faits DiversEn Ligne 7 joursUn pompier volontaire soupçonné d’avoir allumé le feu de forêt à Fontainebleau
Faits DiversEn Ligne 7 joursLa DJ Barbara Butch chassée de la scène sous les insultes à Grenoble
PolitiqueEn Ligne 5 joursMonique Barbut, la ministre qui refuse de céder sur les pesticides interdits
SportsEn Ligne 5 joursFerran Torres sacré champion du monde et sa casquette pro-Trump fait le buzz
Faits DiversEn Ligne 3 joursBassin d Arcachon en feu 20 000 évacuations et un pompier blessé
Faits DiversEn Ligne 7 joursFontainebleau sous les flammes plus de 1300 hectares ravagés deux suspects arrêtés
Faits DiversEn Ligne 1 jourGironde sous les cendres l’incendie record menace Bordeaux
















