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Il a tué sa compagne après le passage des gendarmes : le procès qui ravive la colère de l’affaire Lyhanna

La cour d’assises du Gard juge depuis lundi un homme accusé d’avoir poignardé 32 fois sa compagne, quelques heures après une intervention des gendarmes…

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Il a tué sa compagne après le passage des gendarmes : le procès qui ravive la colère de l’affaire Lyhanna

La cour d’assises du Gard juge depuis lundi un homme accusé d’avoir poignardé 32 fois sa compagne, quelques heures après une intervention des gendarmes qui ne l’avaient pas interpellé. Un dossier qui, pour les avocats de la famille, fait terriblement écho à la mort de la petite Lyhanna et à l’inaction des autorités.

Le 25 juillet 2022, Malgorzata Splawska, une quinquagénaire surnommée Maggie, est assassinée sur le parking de son entreprise à Cavaillon. Son compagnon, Pierre Quistrebert, un artisan de 64 ans, la soupçonne de le tromper. La veille au soir, ivre, il la menace et la frappe. Des voisins alertent la gendarmerie. Deux gendarmes se rendent sur place vers six heures du matin. Ils trouvent un homme « très calme ». Ils ne l’arrêtent pas. L’un d’eux dira aux enquêteurs lui avoir « conseillé de dormir et de prendre une grande tasse de café ». Quelques heures plus tard, Pierre Quistrebert rejoint Maggie sur son lieu de travail avec un couteau. En moins d’une minute, il lui assène 32 coups. Il affirme ne pas avoir prémédité son geste, seulement voulu l’intimider pour qu’elle avoue.

Pour les avocats des proches de la victime, ce scénario rappelle de manière glaçante l’affaire Lyhanna, cette fillette de 11 ans tuée dans le Gers après des signalements ignorés. Me Fabien Arakelian, qui défend la famille de Maggie, pose une question qui claque : « Est-ce que les professionnels de justice peuvent sincèrement dire que, le matin des faits, cet homme ne devait pas être placé en garde à vue ? » Il a saisi le tribunal judiciaire de Paris pour faire reconnaître une « faute lourde » de l’État. Son confrère Marc Geiger enfonce le clou : « Ce ne sont pas les gendarmes qui ont donné les coups de couteau à Maggie, et ce ne sont pas les services judiciaires qui ont tué Lyhanna. Mais elles sont mortes. » Les deux avocats réclament que chacun regarde ses responsabilités en face.

Ce procès intervient dans un contexte tendu. En octobre dernier, les chiffres officiels annonçaient 107 femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en 2024, soit une hausse de 11% par rapport à 2023. Et l’émotion autour de la mort de Lyhanna a provoqué une crise politique majeure. Le principal suspect dans cette affaire n’avait jamais été interpellé malgré plusieurs plaintes pour violences sexuelles sur mineurs. Le verdict du procès de Pierre Quistrebert est attendu mercredi. Une décision qui, au-delà d’un homme, jugera aussi la capacité de l’institution à protéger les victimes avant qu’il ne soit trop tard.

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