Culture
Jordan Bardella pris dans la tempête après une phrase de trop
Une déclaration maladroite sur les marches blanches ravive les critiques sur le président du RN, alors qu’il brigue l’Élysée. L’ombre du Grand Prix de…


Une déclaration maladroite sur les marches blanches ravive les critiques sur le président du RN, alors qu’il brigue l’Élysée. L’ombre du Grand Prix de Monaco plane sur sa campagne.
Dimanche soir, sur BFMTV, Jordan Bardella a lâché une phrase qui ne passe pas. Interrogé sur son absence à la marche blanche pour Lyhanna, une fillette de 11 ans tuée dans le Gers, il répond que « des marches blanches, il y en a tous les jours ». En une formule, il relance une polémique née une semaine plus tôt. Le 7 juin, des photos le montrent en tribune officielle au Grand Prix de Monaco, un verre à la main, aux côtés de sa compagne Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles. À la même heure, dans le Gers, des centaines de personnes rendaient hommage à l’enfant. La famille de la victime avait pourtant demandé l’absence de responsables politiques. Bardella s’en défend en disant ne pas comprendre ce qu’on lui reproche.
À gauche, les critiques fusent. Marine Tondelier, cheffe des écologistes, dénonce un responsable politique qui « s’éclate avec la jet set pendant que toute la France est en deuil ». Fabien Roussel, du Parti communiste, le décrit comme « plus loge VIP que bal populaire ». Côté macronistes, on raille « Jordan Bardella de Monaco » et on le qualifie de « candidat des riches ». Le principal intéressé balaie : il buvait un coca, n’a publié aucune photo, et n’est pas responsable des paparazzades. Il aime la Formule 1 et c’est d’ailleurs en accompagnant son père au même Grand Prix l’an dernier qu’il a rencontré sa compagne royale, explique-t-il. Mais l’argument ne convainc pas ses détracteurs, qui y voient une « erreur de débutant » et un signe de fébrilité.
Cette séquence s’ajoute à d’autres doutes sur la constance du possible candidat. Récemment, Bardella a semblé s’éloigner de la ligne anti-retraite du RN en déclarant examiner un relèvement de l’âge légal, puis en affirmant que « l’âge légal ne veut rien dire ». Marine Le Pen et ses troupes s’évertuent depuis à garantir que la promesse de revenir à 62 ou 60 ans tient toujours. Mais les contradictions s’accumulent. Dans le parti, on minimise en parlant d’une simple différence de mots, et on assure que personne n’a évoqué le sujet de la marche blanche sur le terrain. Pourtant, à mesure que la campagne présidentielle approche, chaque faux pas pèse un peu plus lourd. La question n’est plus seulement celle d’une phrase maladroite. C’est la crédibilité d’un homme pressé vers le sommet qui est en jeu.
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