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Face au RN les syndicats entre combat frontal et porte entrouverte

Alors que la CGT et la CFDT affichent une opposition totale à l’extrême droite, d’autres organisations syndicales préfèrent jouer la carte de la…

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Face au RN les syndicats entre combat frontal et porte entrouverte

Alors que la CGT et la CFDT affichent une opposition totale à l’extrême droite, d’autres organisations syndicales préfèrent jouer la carte de la neutralité pour ne pas perdre leurs adhérents. Une fracture qui révèle les tensions du monde du travail à un an de la présidentielle.

Du côté des durs, le message est sans appel. Sophie Binet, à la tête de la CGT, le répète à chaque prise de parole être syndiqué et voter pour le RN est tout simplement incompatible. Son homologue de la CFDT, Marylise Léon, ne dit pas autre chose nous ne dialoguons pas avec ces partis. Les deux centrales vont même plus loin en mettant en place des actions concrètes. La CGT forme ses militants à contrer les idées d’extrême droite lors d’ateliers sur la protection sociale. La CFDT, elle, surveille les listes électorales pour repérer d’éventuels adhérents candidats sous l’étiquette RN. En Isère, une militante a ainsi été convoquée pour une possible exclusion. Dans le Grand Est, deux syndiqués CGT ont préféré claquer la porte avant d’être exclus pour leurs sympathies envers le RN et Florian Philippot. Une dizaine d’exclusions ont déjà été recensées en 2025 par la commission interne de lutte contre les idées d’extrême droite.

Mais tous les syndicats ne suivent pas cette ligne dure. Force Ouvrière et la CFTC assument une position différente, qu’ils qualifient d’apolitique. Cyril Chabanier, numéro un de la CFTC, explique avoir discuté avec le député RN Thomas Ménagé sur la réforme des retraites. Pour lui, répondre aux sollicitations des groupes parlementaires fait partie du métier, sans que cela signifie une adhésion politique. Du côté de FO, la logique est la même. Un représentant syndical de Stellantis Valenciennes a rencontré en avril le député RN Sébastien Chenu comme il l’aurait fait avec n’importe quel élu, dit-il. Mon boulot c’est d’alerter les politiques, pas de faire de la politique. Pourtant, en interne, ces choix font grincer des dents. Lors du dernier congrès de FO, plusieurs délégués ont critiqué la présence de leur secrétaire général à côté de représentants du RN sur des piquets de grève ou des plateaux télé. Lui répond qu’il ne pouvait pas abandonner les salariés.

Le vote RN progresse même dans les rangs syndicaux. Un sondage récent montre que 15% des sympathisants de Force Ouvrière ont voté pour l’extrême droite au premier tour des municipales, une nette hausse depuis 2020. Le sociologue Rémy Ponge analyse ce phénomène la dégradation des conditions de travail pousse certains salariés vers le RN, même quand ils sont syndiqués. Mais il relativise l’appartenance syndicale reste un frein, un barrage. De l’autre côté, le RN veut justement faire sauter cette barrière. Un député chargé des questions sociales confie que, face à Sophie Binet et Marylise Léon, le combat est perdu d’avance alors ils préfèrent parler directement à la base. Et il met en garde son propre camp après des actions de maires RN contre des syndicats à Liévin et Carcassonne il ne faut pas donner l’impression que la liberté syndicale serait menacée si le RN arrivait au pouvoir. Frédéric Weber, député RN et ancien syndicaliste FO, affirme que beaucoup de syndiqués votent RN dans l’isoloir sans le dire à leur organisation. Une réalité silencieuse qui complique encore un peu plus l’équation pour les centrales.

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