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Tant que Washington ne cède pas, Téhéran garde Ormuz fermé
L’Iran durcit le ton sur le détroit d’Ormuz. Les conditions posées aux États-Unis enterrent les espoirs de réouverture rapide.


L’Iran durcit le ton sur le détroit d’Ormuz. Les conditions posées aux États-Unis enterrent les espoirs de réouverture rapide.
Les espoirs de voir le détroit d’Ormuz rouvrir viennent de subir un brutal retour en arrière. Samedi, le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Mohammad Bagher Zolghadr, a posé des exigences très lourdes à Washington avant tout déblocage du passage stratégique. « Tant que les États-Unis ne changeront pas de comportement, le détroit d’Ormuz restera fermé », a-t-il averti.
La liste des conditions est impressionnante. L’Iran veut que Washington mette fin définitivement à la guerre et à l’agression contre lui et ses alliés. Il demande aussi la levée du blocus imposé à ses ports, la fin des sanctions américaines, la libération de ses avoirs gelés et une indemnisation intégrale des dommages causés au pays.
Ce discours casse la dynamique des derniers jours. Un protocole d’accord irano-américain, signé en juin, avait instauré un cessez-le-feu et permis une reprise du trafic dans le détroit. Mais la trêve a volé en éclats début juillet, et les frappes ont repris de part et d’autre.
Les négociations avec Oman continuent pourtant d’avancer, du moins sur le papier. Téhéran assure que les discussions approchent de leur phase finale. Mais le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a prévenu que l’aboutissement ne signifierait pas une réouverture automatique d’Ormuz. D’autres conditions et compensations restent à discuter. Dans ce contexte tendu, un pétrolier émirati a été visé samedi dans le détroit, sans faire de victimes. Abou Dhabi attribue l’attaque à l’Iran, qui n’a pas commenté.
Sur le plan militaire, les bombardements américains se sont arrêtés depuis plus d’une semaine. Mais Donald Trump conditionne cette suspension à la conclusion d’un accord rapide, avec la menace de nouvelles frappes massives en toile de fond. Le chef du commandement américain pour le Moyen-Orient s’est rendu samedi en Israël, aux Émirats arabes unis et à Bahreïn pour évaluer la situation.
La crise dure depuis plus de cinq mois et ébranle l’économie mondiale. Face à un partenaire américain jugé de moins en moins fiable, l’Arabie saoudite, ciblée par l’Iran, a conclu vendredi un accord de défense avec le Pakistan et la Turquie. Le chef de la diplomatie turque a justifié cette alliance en estimant que les puissances extérieures ne résolvent pas les problèmes de la région mais les exacerbent. Il a aussi évoqué une possible adhésion de l’Égypte à la prochaine étape.
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