Culture
Des Playmobil géants débarquent chez Drouot avant une vente pas comme les autres
Des figurines de plus de deux mètres et des univers miniatures jamais montrés au public s’installent à Paris jusqu’à samedi. L’argent récolté ira à une…


Des figurines de plus de deux mètres et des univers miniatures jamais montrés au public s’installent à Paris jusqu’à samedi. L’argent récolté ira à une association qui rend visite aux enfants hospitalisés.
Chez Drouot, à Paris, ce ne sont pas des toiles de maîtres qui attirent les regards, mais un troll vert de 2,15 mètres, massue bien en main, qui accueille les visiteurs dès l’entrée. Le célèbre hôtel des ventes expose jusqu’à samedi une partie des 280 pièces Playmobil mises aux enchères, dont une centaine visible. Collectionneurs, curieux et familles se pressent pour approcher au plus près ces grandes figurines et ces « mini-univers », appelés dioramas, qui ont longtemps servi de supports publicitaires. Beaucoup n’avaient encore jamais été dévoilés. Et les bénéfices de la vente iront à l’association CéKeDuBonheur, qui rend visite aux enfants et adolescents hospitalisés.
Cette exposition raconte aussi l’histoire d’une marque née en 1974. De ses trois modèles d’origine, l’Amérindien, le chevalier et l’ouvrier, Playmobil est passé aux Astérix, Citroën ou Scooby-Doo, signe du virage vers les licences pris par le fabricant de jouets allemand. Une stratégie lucrative qu’il a mise du temps à adopter, là où son concurrent historique Lego s’y est engagé bien plus tôt. Car le groupe traverse une période délicate. Sa dernière usine allemande a fermé cet été, après un plan social annoncé en 2023 qui a touché 17% de ses effectifs. La production reste toutefois européenne, avec un site principal installé à Malte. La marque veut « remettre l’objet dans la main des enfants » à travers des événements dans les lieux publics, explique Audrey Beribos, directrice marketing Europe.
Sans abandonner son cœur de cible, les 4-8 ans, Playmobil mise sur la nostalgie des « kidults », contraction de kid et adult. Une visiteuse de 23 ans, Lea de Leef, est venue retrouver les jouets de son enfance, avec une préférence pour l’univers de la ferme. L’engouement est réel, à tel point qu’une certaine tension flotte autour de la vente. Le collectionneur qui se fait appeler « Monsieur Playmo », fort de 5.000 pièces et de 67.000 abonnés sur Youtube, confie que les acheteurs gardent pour eux les références qu’ils convoitent. Il accepte tout de même de révéler sa cible, un légionnaire romain de 1,50 mètre, et lâche cette phrase quand on l’interroge sur la place que ça prend. « Quand on est collectionneur, on trouve la place. »
Reste la question du budget. Les grandes figurines sont estimées à plusieurs centaines d’euros. Marine Zych, 26 ans, a envoyé à son père la photo d’un pompier géant, avec une limite claire. Il collectionne, mais il n’est pas prêt à dépasser les 100 euros.
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