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À Metz, le pape appelle l’Europe à sortir de la spirale du mensonge

Pour refermer quatre jours de visite en France, Léon XIV a célébré une ultime messe devant 35 000 fidèles et livré un message très politique sur la paix.…

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À Metz, le pape appelle l'Europe à sortir de la spirale du mensonge

Pour refermer quatre jours de visite en France, Léon XIV a célébré une ultime messe devant 35 000 fidèles et livré un message très politique sur la paix. Il a demandé au continent de retrouver le courage de ses fondateurs plutôt que de céder au repli et aux nationalismes.

Après Paris et Lourdes, le dernier arrêt s’est fait à Metz. La messe finale s’est tenue dans la cathédrale Saint-Étienne, sous les yeux d’Emmanuel Macron, au terme d’un trajet en papamobile dans les rues de la ville. Près de 35 000 fidèles s’étaient installés dans l’édifice et aux abords du centre-ville, selon une estimation des autorités locales. Une affluence bien réelle, mais sans rapport avec les vagues humaines qui avaient déferlé plus tôt dans la capitale et dans la cité mariale.

À la sortie, Léon XIV a lancé un « Merci à tous » et invité ses ouailles à « continuer à marcher ensemble ». La maîtrise de la cathédrale a ensuite interprété l’« Alléluia » de Haendel, avant que le pontife ne quitte les lieux sous les acclamations, la foule reprenant « Ce n’est qu’un au revoir ». Barbara Haugg, 53 ans, venue d’Eupen en Belgique après 200 kilomètres de route, retient « un très beau sermon sur la paix, sur le pouvoir du pardon ». Elle regrette seulement que ces mots touchent « des petites gens » et non « les preneurs de décision ». Dorota, policière venue en civil, y voit un « cadeau de paix » adressé à la France, porteur de « joie et de réconfort » pour tout le monde.

Le matin, le ton avait été nettement plus diplomatique. Devant un parterre où la plupart des dirigeants des 26 autres membres de l’Union européenne brillaient par leur absence, malgré les invitations de l’Élysée, le pape a fustigé des relations humaines et entre États « de plus en plus barbares ». Il a déploré que l’on « se vante plutôt du mensonge et de la tromperie » et appelé l’Europe à briser cette spirale grâce au respect de l’autre, qu’elle a su cultiver et préserver. Aucun pays, aucun dirigeant n’a été cité. Le contexte parle de lui-même, tant les rapports entre le premier pape américain et Donald Trump sont notoirement mauvais, ce dernier l’ayant qualifié de « nul » en politique étrangère et accusant l’Union d’avoir été créée pour « arnaquer » les États-Unis.

À Metz, Léon XIV a rendu un hommage appuyé à Robert Schuman, l’un des pères de la construction européenne, inhumé non loin de là. Emmanuel Macron a enchaîné dans la même direction, exhortant le continent à retrouver « le courage de ses fondateurs » et à ne pas céder « au repli, à la haine de l’autre, au retour des nationalismes qui divisent ». Plus tôt, entouré de représentants des autres cultes présents en France, le souverain pontife avait défendu un discours religieux capable de « désarmer les cœurs ». Se servir de Dieu pour « légitimer la violence ou l’oppression » relève selon lui d’une « profanation ». Les délégués de l’islam, du judaïsme, du protestantisme, de l’orthodoxie et du bouddhisme ont signé un « Appel de Metz », déclaration commune en faveur du dialogue interreligieux et de la paix.

Ce séjour de quatre jours, le premier dans le pays d’origine de sa grand-mère, a offert à Robert Francis Prevost, 71 ans, une tribune pour défendre plusieurs causes. La fin de vie, la laïcité, la dignité des exilés, les dérives de l’intelligence artificielle et la crainte d’un « paradis de machines » ont nourri ses prises de parole. Sur les violences sexuelles dans l’Église, sujet très attendu, il n’a pas éludé. À Lourdes, il a demandé aux évêques français de « poursuivre » leur action face à ce « fléau » en maintenant « la plus grande vigilance », et a passé deux heures à huis clos avec plusieurs victimes.

Sa popularité, seize mois après son élection à la tête de l’Église catholique, ne s’est pas démentie. Bains de foule en papamobile, messes géantes, veillée avec des jeunes au Stade de France, plus de 1,3 million de personnes sont venues à sa rencontre pendant le week-end. Souriant et chaleureux, le pape a quitté la France avec le sentiment d’avoir transmis ses messages, même si certains fidèles auraient aimé que les décideurs, eux aussi, tendent l’oreille.

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