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Des tentes sur la Puerta del Sol pour faire plier Madrid sur le logement

Depuis deux nuits, des militants dorment au cœur de Madrid pour réclamer une nouvelle loi sur le logement, à la veille de l’annonce d’un texte…

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Des tentes sur la Puerta del Sol pour faire plier Madrid sur le logement

Depuis deux nuits, des militants dorment au cœur de Madrid pour réclamer une nouvelle loi sur le logement, à la veille de l’annonce d’un texte gouvernemental. Face à des loyers qui ont presque doublé en dix ans, ils promettent de ne rien lâcher.

Une centaine de tentes, des jeunes adultes encore engourdis de sommeil, des touristes qui photographient la scène sans bien comprendre ce qu’ils regardent. Depuis samedi soir, la Puerta del Sol vit au rythme d’un campement de militants pour le logement, bien décidés à tenir bon. Sous un ciel gris, on distribue des churros et de petits sandwiches pour le petit déjeuner, et aucun policier ne se montre. Le message adressé au gouvernement de Pedro Sánchez est limpide, il faut maintenir la pression.

Carlota, 29 ans, n’a dormi que cinq heures, allongée près de son amie Violeta. Elle veut que le nouveau texte soit promulgué pour défendre le droit au logement et empêcher les expulsions. Pour elle, le pays vit un moment grave, et il est grand temps de cesser de faire passer l’argent et les fonds d’investissement avant les personnes. Ce ras-le-bol porte un visage, celui de Maricarmen Abascal, une Madrilène de 87 ans forcée de quitter l’appartement qu’elle occupait depuis soixante-dix ans, après le rachat de l’immeuble. Hospitalisée depuis, elle est devenue le symbole du mouvement, et les manifestants ont tagué un slogan sur le pavé, plus une seule Maricarmen. À l’approche des législatives de 2027, ces images ont remis la question du logement au premier plan.

Les chiffres, eux, donnent le vertige. En une décennie, le loyer moyen au mètre carré a quasiment doublé, jusqu’à 15,1 euros en août. À l’achat, il faut désormais compter 2 355 euros le mètre carré, une progression de plus de cinquante pour cent. Beatriz Blanco, 37 ans, travailleuse indépendante, raconte le cas de la mère d’une amie, 65 ans, revenue vivre chez elle parce qu’elle ne pouvait plus suivre la hausse de son loyer. Partout dans le pays, les prix lui paraissent insensés et la situation intenable. Elle compte bien rester sous la tente au moins une nuit de plus.

Le Premier ministre socialiste est attendu à Barcelone, où il doit notamment visiter des logements sociaux, et une manifestation est prévue dans la soirée près du palais des congrès où il participera à une remise de prix. Dimanche, il a assuré que son équipe travaillait d’arrache-pied pour présenter des mesures mardi, à l’issue du Conseil des ministres. Leur adoption reste fragile, faute de majorité au Parlement. Miriam Bue, porte-parole du syndicat des locataires espagnols, dit ne rien attendre des autorités régionales madrilènes, compétentes sur le logement. Elle place plutôt ses espoirs dans le gouvernement central de gauche et dans des baux à durée indéterminée, là où cinq ans prévalent aujourd’hui. Sinon, prévient-elle, le mouvement se durcira.

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