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164 interpellations aux abords des lycées et une bataille politique qui s’invite dans la cour

Blocages, dégradations, blessés et arrestations dans toute la France, à la veille d’une nouvelle journée de mobilisation. Le gouvernement et La France…

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164 interpellations aux abords des lycées et une bataille politique qui s'invite dans la cour

Blocages, dégradations, blessés et arrestations dans toute la France, à la veille d’une nouvelle journée de mobilisation. Le gouvernement et La France insoumise se renvoient la responsabilité d’un climat qui ne retombe pas.

Lundi, les rassemblements et les blocages devant les lycées ont donné lieu à 164 interpellations, et 180 établissements ont été touchés, la veille d’un appel à une journée de mobilisation nationale. Le mouvement, parti d’Île-de-France, s’est étendu en une semaine à d’autres régions. Douze membres des forces de l’ordre ont été blessés, ainsi que huit personnels enseignants, dont trois chefs d’établissement, et une douzaine de lycéens.

Pour le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, ces rassemblements ne relèvent pas de la contestation classique. Ils « s’apparentent à des violences urbaines », a-t-il estimé, en prévenant qu’on « ne peut pas tolérer les débordements ». L’Union syndicale lycéenne, principale organisation du secondaire, a de son côté appelé à bloquer les lycées partout en France mardi, en même temps que la journée de mobilisation dans la fonction publique.

Sur le terrain, les raisons de la colère se ressemblent d’un établissement à l’autre. À Lille, les lycéens évoquent pêle-mêle le manque de moyens et de personnel, une cantine trop chère, des salles trop chaudes en été et trop froides en hiver, des punaises de lit et des douches cassées à l’internat. Dans l’académie de Créteil, la mobilisation semble gagner du terrain, avec un nombre important d’établissements concernés dans le Val-de-Marne et en Seine-Saint-Denis, mais aussi en Seine-et-Marne. Dix lycées ont vu leur fonctionnement perturbé dans les Alpes-Maritimes, surtout à Nice, Grasse, Cagnes-sur-Mer et Menton, où la préfecture rapporte dix interpellations pour jets de projectiles, tirs de mortier, incendie volontaire, violences en réunion, vols et dégradations, ainsi que deux élèves légèrement blessés. À Marseille, le lycée Diderot a été brièvement bloqué.

À sept mois de l’élection présidentielle, la grogne lycéenne a viré au bras de fer politique. Le Premier ministre a dénoncé une « surenchère irresponsable » d’élus de La France insoumise qui appellent à étendre les blocages, quand Jean-Luc Mélenchon reproche à l’exécutif d’avoir « ordonné la répression ». Les ministres de l’Intérieur et de l’Éducation nationale ont prévenu que les forces de l’ordre interviendraient en cas de violences et de blocage total.

Les organisations syndicales refusent, elles, de voir dans ces jeunes des fauteurs de troubles. La CGT assure que leurs revendications « ne sont pas partisanes mais liées à leurs conditions de vie et d’études », et le principal syndicat du second degré juge ces demandes légitimes tout en condamnant des interventions policières « sans discernement ». La mairie de Saint-Denis invite les autorités à venir échanger avec les lycéens pour constater par elles-mêmes s’ils sont instrumentalisés ou simplement capables de défendre leurs conditions d’études et leur avenir. Le maire de la ville s’est rendu devant le lycée Paul-Éluard, où plusieurs centaines d’élèves s’étaient rassemblés et où le sol était couvert de poubelles incendiées.

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