Nous rejoindre sur les réseaux

Société

À Lourdes, Léon XIV prévient que la loi ne dit pas toujours le bien

Devant des pèlerins malades et en situation de handicap, le pape a rappelé que la dignité d’une personne ne dépend d’aucun texte voté. Quelques mois après…

Article

le

À Lourdes, Léon XIV prévient que la loi ne dit pas toujours le bien

Devant des pèlerins malades et en situation de handicap, le pape a rappelé que la dignité d’une personne ne dépend d’aucun texte voté. Quelques mois après l’adoption de la loi française sur l’aide à mourir, il a défendu les soins palliatifs et la recherche.

C’est un message lancé sans détour. Dimanche, à Lourdes, Léon XIV a affirmé qu’il était impossible de considérer comme normal de donner la mort. Une prise de parole qui intervient quelques mois seulement après que la France s’est dotée d’une loi instaurant un droit à l’aide à mourir. Le pontife a insisté sur une idée simple, répétée avec fermeté, à savoir que ce qui est légal n’est pas forcément moral.

Face aux pèlerins malades et en situation de handicap venus l’écouter, le pape a choisi des mots directs. Aucune loi humaine ne doit vous faire perdre la certitude de votre dignité, leur a-t-il lancé sous des applaudissements nourris. Il a ensuite expliqué que c’est précisément au nom de cette dignité inaliénable qu’il faut rejeter fermement la tentation de donner la mort sous couvert d’une fausse compassion. Autrement dit, le droit ne suffit pas à rendre juste ce qu’il autorise.

Le contexte donne à ce discours un relief particulier. Après des années de débats, la réforme sur l’aide à mourir a été entérinée le 15 juillet. Elle constitue l’une des avancées sociétales majeures du mandat d’Emmanuel Macron. Pour l’Église de France, cette mesure représente une rupture anthropologique, tant elle touche à la définition même de ce qu’est une vie humaine. Le pape a repris cette inquiétude à son compte, en martelant que jamais la médecine ne pourra se faire la servante de la mort programmée.

Léon XIV n’a pas seulement dit non. Il a aussi avancé des pistes, en plaidant pour développer sans relâche les soins palliatifs et la recherche médicale, et pour accompagner avec tendresse les malades. Selon lui, ces malades ne sont pas un poids, mais le cœur battant de notre humanité et un trésor précieux pour l’Église. Après son discours, il a longuement salué et béni les fidèles venus l’accueillir, au premier rang desquels des pèlerins en fauteuil roulant.

La journée avait commencé par une messe en plein air devant 150.000 personnes. Le souverain pontife y avait fustigé les courants actuels qui cherchent à redéfinir la valeur de la vie humaine devant la maladie, la souffrance ou la vieillesse, et présenté la Grotte de Lourdes comme un sanctuaire de l’espérance chrétienne. Ce thème de la fin de vie traverse tout son déplacement, placé sous la devise pour que le monde ait la vie. Il avait déjà condamné l’offre d’une mort programmée dans son premier discours à l’Élysée, et il a regretté dimanche que certaines sociétés tendent à détourner le regard et à fermer les yeux sur la dignité de la vie humaine.

À lire aussi

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus