Économie
Les Bourses européennes avancent, mais les taux douchent l’enthousiasme
Les marchés du Vieux Continent ont bouclé la semaine en petite hausse, portés par des résultats d’entreprises solides et freinés par la flambée des…

Les marchés du Vieux Continent ont bouclé la semaine en petite hausse, portés par des résultats d’entreprises solides et freinés par la flambée des rendements obligataires. Le pétrole cher et le conflit entre Washington et Téhéran continuent de plomber l’ambiance.
Les places européennes ont terminé sans grand éclat. À Paris, le CAC 40 a fini quasiment à l’équilibre, en repli de 0,04% à 8 077,80 points. Francfort s’en est mieux sorti, le Dax prenant 0,51%, tandis que le FTSE 100 londonien gagnait 0,14%. Sur la semaine, le CAC 40 grignote 0,16% et le Stoxx 600 avance de 0,48%. Les autres indices suivent le mouvement, l’EuroStoxx 50 prenant 0,45%, le FTSEurofirst 300 0,34% et le Stoxx 600 0,33%.
Derrière cette apparente stabilité, la nervosité est bien là. Les investisseurs gardent un œil rivé sur les rendements obligataires, qui culminent à des niveaux inédits depuis plusieurs années. Cette poussée des coûts d’emprunt commence à se faire sentir dans le quotidien. Outre-Atlantique, le taux fixe des crédits immobiliers sur trente ans atteint 7,1%. Pour Jon Butcher, économiste chez Aberdeen Investments, cette tendance pèse de plus en plus lourd sur l’investissement des entreprises comme sur l’endettement des ménages.
Les statistiques publiées cette semaine vont dans le même sens. Les indices PMI sur l’activité du secteur privé, en Europe comme aux États-Unis, montrent que l’économie tient bon face à l’inflation. De quoi conforter les opérateurs dans l’idée que les banques centrales pourront durcir encore leur politique monétaire. Le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Andrew Bailey, l’a reconnu lui-même, les prix élevés de l’énergie compliquent le maintien du statu quo sur les taux. Un changement de ton qui en dit long.
Le pétrole, justement, reste au cœur des préoccupations. Les cours reculent légèrement, le Brent cédant 0,44% à 106,13 dollars le baril et le WTI 0,7% à 93,95 dollars. Mais ils affichent toujours une progression de 17% depuis le début du mois. En cause, l’ouverture d’un nouveau front par les Houthis en mer Rouge, dans le cadre de la guerre entre les États-Unis et l’Iran, qui perturbe l’acheminement du brut via le détroit stratégique d’Ormuz. Des négociations entre Américains et Iraniens seraient en cours pour une sortie progressive du conflit, avec une réouverture d’Ormuz et une levée du blocus économique. Une perspective qui nourrit l’espoir, sans bouleverser les anticipations monétaires.
Côté entreprises, Airbus a perdu 1% après avoir révélé un défaut de qualité susceptible de toucher des centaines d’A321neo. HelloFresh a dévissé de plus de 9% après avoir revu à la baisse ses prévisions annuelles. Evonik a bondi de 7% grâce à une offre non contraignante de BASF visant l’ensemble de son capital, un projet qui pourrait redessiner le paysage de la chimie européenne. Les banques du Stoxx 600 ont pris 1,19%, Société générale terminant sur un gain de 3,4%.
À Wall Street, l’optimisme autour de l’intelligence artificielle l’emporte sur les craintes liées à l’inflation. Le Dow Jones gagne 0,39%, le S&P 500 0,20% et le Nasdaq 0,23%. Microsoft s’adjuge 3% après avoir dévoilé de nouvelles fonctionnalités de son application Copilot, dont un outil de programmation et un agent IA disponible en continu.
Les indicateurs du jour n’ont rien de rassurant. La croissance des prêts aux entreprises dans la zone euro a ralenti en août. En Allemagne, le moral des consommateurs devrait se dégrader plus que prévu à l’approche d’octobre. Aux États-Unis, la confiance des ménages a touché en septembre son plus bas niveau depuis quatre mois, minée par l’érosion du pouvoir d’achat.
Sur le front obligataire, le rendement des Treasuries à dix ans gagne près de 5 points de base à 5,2107%, tout proche de son pic de dix-neuf ans atteint cette semaine. Le Bund allemand à dix ans monte à 3,6236%, au plus haut depuis juin 2009. L’OAT française à dix ans prend 1,1 point de base à 4,7251%, l’écart avec l’Allemagne tournant autour de 109 points de base après un sommet jeudi à 114,06, du jamais-vu depuis juin 2012. Les marchés tablent sur un taux de dépôt de la BCE à 2,86% d’ici décembre, contre 2,50% aujourd’hui, et jusqu’à 3,46% fin 2027.
Du côté des changes, le dollar cède 0,22% face à un panier de devises, après une deuxième semaine consécutive de hausse. Le yen s’apprécie de 0,9% à 157,35 pour un dollar. L’euro gagne 0,09% à 1,1389 dollar.
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