Économie
Pouvoir d’achat, carburant, chaleur. Les restaurants trinquent
Le repas au restaurant a servi de variable d’ajustement cet été. Les Français sont venus moins souvent, ont commandé moins, et le secteur encaisse une…

Le repas au restaurant a servi de variable d’ajustement cet été. Les Français sont venus moins souvent, ont commandé moins, et le secteur encaisse une chute de fréquentation qui fragilise des milliers d’établissements.
L’été a laissé un goût amer aux professionnels. Entre juin et août, la restauration à table a perdu 2 % de chiffre d’affaires, et la fréquentation a reculé de deux points par rapport à la même période un an plus tôt. Presque tous les segments du secteur ont subi ce coup de mou. Deux exceptions, pourtant. Les commerces de proximité ont grignoté 1 % de recettes en plus, et les cafés, bars et pubs ont gagné 2 %. Ces derniers ont surfé sur la Coupe du monde et sur des soirées prolongées par la chaleur.
Cette déprime estivale prolonge une année déjà mal engagée. La pression sur le pouvoir d’achat s’est durcie à partir du mois de mars, dans le sillage du conflit entre l’Iran et les États-Unis, et elle pèse de plein fouet sur la clientèle. Beaucoup de foyers se retrouvent à arbitrer chaque euro de loisir. Et quand il faut couper, le restaurant arrive parmi les premiers sacrifices, derrière l’habillement et les sorties culturelles. Les ménages les moins aisés sont les premiers touchés, car le carburant grignote directement ce qu’ils pouvaient encore mettre dans un repas dehors.
Ceux qui poussent encore la porte changent aussi leur façon de consommer. Les boissons alcoolisées sont les premières abandonnées, devant le fromage et les entrées. Un client sur deux dit avoir commandé moins de plats cet été. Quand la canicule frappe, la proportion grimpe à six sur dix. La chaleur s’ajoute donc à la question du budget pour expliquer des additions qui fondent.
Face à des clients devenus très regardants sur le rapport qualité prix, les offres promotionnelles font la différence. Un établissement peut de moins en moins se vanter d’être plein en continu. Les réseaux qui misent sur la franchise choisissent de ne pas relever leurs tarifs, ce modèle permettant d’encaisser la hausse des coûts grâce aux volumes. Certains ont même créé un fonds pour aider les futurs franchisés à renforcer leur apport personnel, au moment où les banques se font prudentes.
Le bilan du secteur reste lourd. Environ vingt-cinq restaurants baissent le rideau chaque jour. Au deuxième trimestre, le chiffre d’affaires moyen des maisons traditionnelles a plongé de 6,5 % sur un an. Une restauratrice raconte avoir servi une vingtaine de couverts le midi là où elle en faisait une centaine, et devoir renoncer à ses vacances faute de trésorerie. Plus d’une entreprise sur deux se déclare fragilisée, et une large majorité des répondants d’une enquête disposent d’une capacité d’investissement quasi nulle. De quoi alimenter la hausse des défaillances.
Autrefois, l’ouverture de nouveaux établissements compensait ces fermetures. Depuis le début de l’année, ce n’est plus le cas. Ce mouvement pourrait, à terme, assainir un marché qui était jusqu’ici saturé.
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