Monde
La France envoie des soldats protéger le pétrole saoudien et jure de rester hors du conflit
Paris s’apprête à dépêcher troupes, radars et systèmes de défense vers Yanbu, le grand terminal pétrolier saoudien de la mer Rouge visé par les houthis.…


Paris s’apprête à dépêcher troupes, radars et systèmes de défense vers Yanbu, le grand terminal pétrolier saoudien de la mer Rouge visé par les houthis. Objectif affiché, faire baisser le prix des carburants sans se laisser entraîner dans la guerre.
Des soldats, des radars et des systèmes de défense. Voilà ce que la France s’apprête à acheminer en Arabie saoudite, comme l’a annoncé Emmanuel Macron. Le point à sécuriser porte un nom, Yanbu. Ce port de la mer Rouge constitue la principale porte de sortie du brut saoudien, et il est aujourd’hui dans le viseur des rebelles houthis du Yémen. Derrière l’enjeu militaire, la démarche poursuit un but très concret pour les ménages, faire redescendre le prix des carburants.
Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a tenu à balayer l’idée d’une France partie prenante du conflit. Non, les militaires engagés ne deviendront pas des cobelligérants. Leur mission restera strictement défensive, insiste-t-il. Il s’appuie sur un précédent, les dispositifs déployés depuis le début de la guerre en Iran pour protéger les alliés et les partenaires de Paris, à commencer par le ciel des Émirats arabes unis face aux drones iraniens. À aucun moment, selon lui, ces opérations n’ont transformé la France en belligérant.
Reste que l’ampleur du déploiement n’est pas arrêtée. Elle dépendra des besoins exprimés par Ryad, des capacités françaises disponibles et de la tournure que prendront les événements. Sur un éventuel débat au Parlement, réclamé par plusieurs responsables politiques, Jean-Noël Barrot est resté prudent. Il évoque de multiples occasions de discuter de ces questions, et rappelle qu’un vote au titre de l’article 35 de la Constitution ne s’impose qu’au terme d’une période de quatre mois. Une manière de répondre aux appels de la gauche radicale et de Jean-Luc Mélenchon.
Ce dernier prévient justement que poser des troupes en Arabie saoudite revient à s’installer sur un théâtre de guerre. Si une base française est frappée, que fera Paris, demande-t-il, en refusant catégoriquement de devenir belligérant.
Le contexte éclaire cette tension. Les houthis ont repris les armes et avancé à vive allure vers le littoral de la mer Rouge, qu’ils contrôlent désormais entièrement. Conséquence, le trafic s’effondre dans le détroit de Bab el-Mandeb, ce passage qui relie l’Europe à l’Asie via la mer Rouge et le canal de Suez. Pour Ryad, premier exportateur mondial de brut, ce corridor a pris encore plus de valeur depuis que l’Iran perturbe fortement la circulation dans le détroit d’Ormuz, situé de l’autre côté de la péninsule arabique.
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