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Brésil: enterrement discret pour l’enquête choc « Lava Jato »

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« Lava Jato », l’une des plus grandes enquêtes anticorruption de l’Histoire, qui a fait tomber présidents, politiques et grands patrons en Amérique latine, a été enterrée discrètement cette semaine au Brésil, après avoir elle-même été entachée de scandale.

L’opération « Lavage Express », lancée en mars 2014 contre le blanchiment d’argent et partie d’une modeste station-service de Brasilia, est rapidement devenue un instrument puissant entre les mains de juges déterminés qui ont mis au jour un réseau tentaculaire de corruption.

Elle a secoué les plus hautes sphères du gouvernement et des affaires au Brésil, tout en s’étendant en Amérique latine et jusqu’en Afrique, et a inspiré un film et une série de Netflix.

Avec des méthodes agressives s’appuyant beaucoup sur les aveux récompensés, les procureurs ont découvert un système bien rodé qui permettait à des politiciens de quasiment tous les partis de s’entendre avec des compagnies, tel le conglomérat du BTP Odebrecht, sur des contrats avec le groupe étatique Petrobras et d’empocher d’énormes sommes.

En communiquant à des confrères étrangers le résultat de leur enquête, les limiers de « Lava Jato » ont déclenché un tsunami anticorruption dans de nombreux pays.

« Lava Jato » a ainsi engrangé des résultats spectaculaires: condamnation de 174 personnes au Brésil, mise en cause de 12 chefs ou ex-chefs d’Etat, au Brésil, au Pérou ou au Panama, retour de 665 millions d’euros dans les coffres brésiliens et promesse de 2,32 milliards d’euros supplémentaires.

Et pourtant le bureau du procureur-général a annoncé mercredi sans fanfare que sa principale équipe d’enquêteurs était démantelée.

« Il n’y a plus de corruption »

Ironie de l’Histoire, cet enterrement intervient sous la présidence d’un Jair Bolsonaro qui doit son mandat à « Lavage Express ».

« L’homme politique qui a le plus bénéficié de l’enquête anticorruption a planté les derniers clous dans son cercueil », dit le sociologue Rocha de Barros dans la revue Americas Quarterly.

« J’ai mis fin à ‘Lavage Express’ parce qu’il n’y a plus de corruption dans le gouvernement au Brésil », a assuré en octobre le président d’extrême droite.

Une semaine plus tard, le no2 des rangs bolsonaristes au Sénat était surpris avec l’équivalent de 4.600 euros dans son caleçon, argent provenant apparemment de fonds destinés à la lutte contre le covid-19.

Le candidat Bolsonaro a montré bien plus de ferveur pour la lutte anticorruption, thème central de sa campagne en 2018, que le président Bolsonaro.

Des membres de sa famille et des proches sont l’objet de multiples enquêtes et le président a passé des alliances avec les partis de « la politique à l’ancienne » qu’il avait promis de liquider.

Jair Bolsonaro s’est rapproché du « centrao » coalition de partis conservateurs connus pour monnayer avidement leur soutien contre des faveurs, qui ont été au coeur de « Lava Jato ».

L’idée était pour Jair Bolsonaro de terminer son mandat sans encombre et d’écarter la menace d’une  destitution. Puis d’être réélu en 2022.

Chute des super-héros

Mais « Lava Jato » a elle aussi connu le scandale.

Le site The Intercept a révélé en 2019 des messages montrant que le juge emblématique de « Lava Jato », Sergio Moro, avait conspiré avec les procureurs pour empêcher l’ex-président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva de se présenter à la présidentielle de 2018.

Lula, donné favori des sondages, avait été condamné à la prison et exclu de la course, remportée par Bolsonaro, dont Moro avait accepté de devenir le ministre de la Justice.

Un mariage qui avait fait grincer des dents et s’est mal terminé lorsque l’ex-juge a démissionné en avril 2020, accusant le président d’ingérence.

Cette saga a terni l’image à la fois du « super-héros » Moro et des procureurs de « Lavage Express », vénérés au Brésil pour leur croisade impitoyable contre les corrompus.

Quel héritage va laisser « Lava Jato »?

Certains des enquêteurs vont être assignés à une nouvelle entité contre le crime organisé.

La Cour suprême a interdit certaines pratiques qui avaient donné sa force de frappe à l’enquête et permis de mettre fin à l’impunité des puissants, mais entamé des droits fondamentaux comme la présomption d’innocence.

« L’expérience a montré que tordre les règles sapait l’ensemble de la justice et la démocratie (…) elle-même », explique le constitutionnaliste Daniel Vargas à l’AFP.

Toutefois « pendant sept ans, dans le Brésil de ‘Lava Jato’, les politiciens et autres personnages corrompus de toutes sortes ont effectivement risqué d’être envoyés en prison », écrit l’éditorialiste JR Guzzo dans la Gazeta do Povo, hebdomadaire de  Curitiba, ville du sud du Brésil où était basé l’enquête.

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Éducation : Le coût astronomique du sous-investissement, selon l’Unesco

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Éducation : Le coût astronomique du sous-investissement, selon l'Unesco

Une réforme annoncée inquiète les associations, le sous-investissement dans l’éducation coûte chaque année des milliers de milliards de dollars au monde, selon l’Unesco.

Le manque d’investissement dans l’éducation, qui génère déscolarisation et carences éducatives, coûte chaque année des milliers de milliards de dollars globalement, pointe une étude de l’Unesco publiée lundi.

Dans un rapport intitulé « Le prix de l’inaction : les coûts privés, sociaux et fiscaux des enfants et des jeunes qui n’apprennent pas », des experts de l’Organisation onusienne pour l’éducation, la science et la culture ont chiffré à 10.000 milliards de dollars le coût mondial de la déscolarisation et des lacunes éducatives pour l’année 2030.

Un chiffre « vertigineux », qui excède les PIB cumulés de la France et du Japon, deux des pays pourtant les plus riches au monde, observe la directrice générale de l’Unesco Audrey Azoulay, dans un communiqué.

Mme Azoulay pointe le « cercle vicieux » du « sous-investissement dans une éducation de qualité ». « Les personnes moins instruites ont moins de compétences. Les travailleurs sous-qualifiés gagnent moins. Les personnes à faible revenu paient moins d’impôts, ce qui signifie que les gouvernements ont moins de ressources à investir dans des systèmes d’éducation accessibles à tous », déroule-t-elle.

Quelque 250 millions d’enfants (128 millions de garçons et 122 millions de filles) n’allaient pas à l’école dans le monde en 2023, selon l’Unesco, et « environ 70 % des enfants des pays à moyen ou faibles revenus ne peuvent comprendre un texte écrit simple à l’âge de 10 ans », d’après Mme Azoulay.

Selon le rapport, le déficit de compétence atteint 94 % en Afrique sub-saharienne, 88 % en Asie du Sud et en Asie de l’Ouest, 74 % dans les pays arabes ou encore 64 % en Amérique latine et dans les Caraïbes.

En réduisant de 10 % le nombre de jeunes déscolarisés ou insuffisamment formés, le PIB mondial croîtrait de 1 à 2 % par an, concluent également les experts de l’Unesco dans cette étude.

« L’éducation est un investissement stratégique, l’un des meilleurs pour les individus, les économies et les sociétés en général », affirme Audrey Azoulay.

Au-delà des considérations financières, l’éducation a un impact sur les grossesses précoces, qui augmentent de 69 % chez les jeunes filles moins éduquées, souligne l’Unesco.

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Otages : L’ex-détenu en Iran, Louis Arnaud, est arrivé en France

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Otages : L’ex-détenu en Iran, Louis Arnaud, est arrivé en France

Le Français était détenu en Iran depuis 2022, alors qu’un tour du monde l’avait emmené jusqu’en Iran. Il est enfin rentré en France.

L’ex-détenu en Iran, Louis Arnaud, a atterri ce jeudi matin en France. Après avoir serré la main du ministre des Affaires étrangères, Stéphane Séjourné, présent au pied de la passerelle du petit avion qui l’a transporté à l’aéroport du Bourget, près de Paris, il a ensuite longuement étreint son père, puis sa mère, venus l’accueillir. Visiblement fatigué mais souriant, il s’est dirigé, bras dessus bras dessous avec ses proches, vers un salon hors du champ des caméras, sans monter directement dans l’ambulance mise à disposition.

Le président Emmanuel Macron avait annoncé sa libération mercredi, exhortant Téhéran à libérer « sans délai » les trois autres Français encore détenus dans ce pays. « Louis Arnaud est libre. Il sera demain en France après une trop longue incarcération en Iran », a annoncé le président dans un message posté sur X (anciennement Twitter). « Je remercie nos amis omanais et tous ceux qui ont œuvré à cette issue heureuse », a-t-il écrit. Le trentenaire avait entamé un tour du monde en juillet 2022 qui l’avait mené jusqu’en Iran, « un pays qu’il rêvait de visiter depuis longtemps pour la richesse de son histoire et l’accueil de ses habitants », avait relaté sa mère Sylvie Arnaud il y a quelques mois.

Le consultant avait été arrêté en septembre 2022 avec d’autres Européens accusés d’avoir participé aux manifestations après la mort de Mahsa Amini, une jeune Kurde iranienne décédée après son arrestation par la police des mœurs. Ses compagnons de voyage avaient été assez vite libérés, mais Louis Arnaud était resté en prison avant d’être condamné, en novembre dernier, à cinq ans de prison pour propagande et atteinte à la sécurité de l’État iranien. Sa condamnation avait été jugée « inacceptable » par Paris.

« Les accusations portées à son encontre, à savoir propagande et atteinte à la sécurité de l’État iranien, sont totalement infondées », ne cessait de marteler sa mère. Les trois autres Français encore détenus dans les geôles iraniennes sont le couple Cécile Kohler et Jacques Paris, arrêtés en mai 2022, ainsi qu’un Français prénommé Olivier, dont le nom n’a pas été rendu public.

« Nous allons évidemment continuer nos efforts pour les trois Français qui restent incarcérés en Iran », a indiqué la source diplomatique.

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Les dirigeants du G7 se réunissent en Italie pour discuter du soutien à l’Ukraine

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Les dirigeants du G7 se réunissent en Italie pour discuter du soutien à l'Ukraine

Les dirigeants du G7 se réunissent à partir de jeudi en Italie où ils vont tenter de s’accorder sur un mécanisme permettant l’utilisation des actifs russes gelés pour aider l’Ukraine à se défendre.

Sous présidence italienne, le « Groupe des 7 » (États-Unis, Allemagne, France, Italie, Royaume-Uni, Canada, Japon) se retrouve dans la luxueuse station balnéaire de Borgo Egnazia, dans les Pouilles (sud).

Face au spectre d’un retour à la Maison Blanche de Donald Trump et l’incertitude autour des conséquences de son élection pour l’Ukraine, le G7 veut sécuriser le financement de son aide militaire à Kiev. Le G7 espère parvenir à un consensus sur l’utilisation des actifs russes gelés par les Occidentaux pour fournir à l’Ukraine un soutien budgétaire et l’aider à reconstruire le pays.

Les pays de l’Union européenne ont adopté début mai un accord pour saisir les revenus provenant des avoirs de la Russie gelés afin d’armer l’Ukraine, une manne représentant entre 2,5 et 3 milliards d’euros par an.

Les États-Unis veulent toutefois aller plus loin et ont mis la pression sur les pays du G7 pour se rallier à un méga-prêt d’environ 50 milliards de dollars garanti par les futurs intérêts générés par les actifs russes immobilisés. Mais de nombreuses questions demeurent, notamment celle de savoir qui émettrait la dette et ce qui se passerait si les avoirs étaient débloqués dans l’éventualité d’un accord de paix.

D’après Paris, un accord de principe a d’ores et déjà été scellé « sur le décaissement des 50 milliards » de dollars « avant la fin de 2024 ». « Il y a un accord. Comme toujours au G7, les leaders prennent une décision et les techniciens font ensuite leur travail pour la mettre en forme », a-t-on expliqué de même source. Les États-Unis semblaient plus prudents. Le G7 a l’intention d’annoncer un « cadre », ainsi qu’un calendrier, dont les détails devront être finalisés plus tard, selon Jake Sullivan, le conseiller à la sécurité nationale de M. Biden. D’autres États, en coulisses, demandent des garanties.

Le président américain Joe Biden et son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, signeront aussi jeudi en Italie un accord bilatéral de sécurité, selon Jake Sullivan, qui prévoirait la fourniture d’armes et une assistance à l’Ukraine.

Washington a en outre annoncé mercredi une nouvelle salve de sanctions visant à freiner l’effort de guerre russe en Ukraine, en ciblant des entités situées en Russie et dans des pays comme la Chine, la Turquie et les Émirats arabes unis. En déplacement à Berlin mardi, Volodymyr Zelensky a appelé ses alliés à augmenter leurs livraisons de moyens anti-aériens. Il se rendra ensuite en Suisse pour une « Conférence sur la paix en Ukraine » qui rassemblera samedi et dimanche plus de 90 pays et organisations, mais ni la Russie ni la Chine.

Outre les dirigeants du G7, ont été conviés en Italie le pape François, le Premier ministre indien Narendra Modi, le roi Abdallah II de Jordanie, les présidents turc Recep Tayyip Erdogan, argentin Javier Milei et brésilien Luiz Inacio Lula da Silva.

Autre sujet sensible pour Washington et ses alliés du G7, les tensions avec la Chine, soutien de Moscou et dont Américains et Européens dénoncent les surcapacités industrielles qui inondent leurs marchés de produits subventionnés à bas prix. Accusant notamment Pékin de doper illégalement ses constructeurs de véhicules électriques, la Commission européenne a menacé mercredi d’imposer des droits de douane supplémentaires.

Mais les Occidentaux doivent s’assurer de ne pas prendre de mesures contreproductives qui nuiraient à ceux d’entre eux parmi les plus exposés. L’Allemagne, qui exporte plus de 200.000 voitures par an en Chine, dit ainsi craindre une « guerre commerciale ». Le secrétaire général des Nations unies s’est alarmé mercredi des « divisions » entre les deux blocs « nourries par des rivalités géopolitiques ». « Les nouvelles barrières douanières introduites chaque année ont presque doublé depuis 2019 », a déploré Antonio Guterres, qui participera lui aussi au G7.

Selon un responsable européen, le sommet des Pouilles doit servir à « coordonner » la stratégie du G7 sur ce dossier qui sera au menu des débats vendredi. Enfin, la guerre à Gaza devrait occuper une partie des séances de travail et des nombreux entretiens bilatéraux en marge du sommet.

Alors que le conflit entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas est entré dans son 9e mois, le secrétaire d’État américain Antony Blinken effectue une tournée au Moyen-Orient pour tenter de sauver le plan de cessez-le-feu annoncé le 31 mai par Joe Biden. Le G7 a déjà exprimé son soutien à ce plan mais le Hamas a proposé certains amendements « irréalisables », selon M. Blinken. De son côté, Israël n’a pas annoncé officiellement sa position et poursuit sans répit son offensive, lancée sur la bande de Gaza en riposte à l’attaque sanglante menée le 7 octobre par le Hamas sur son sol.

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