Politique
A Annecy, des proches du maire auraient acheté des centaines de journaux pour étouffer une accusation de viol
Une enquête conjointe révèle une opération de censure pour dissimuler une accusation visant un élu. La mairie conteste, mais les témoignages des…


Une enquête conjointe révèle une opération de censure pour dissimuler une accusation visant un élu. La mairie conteste, mais les témoignages des buralistes sont accablants.
Début juin, un hebdomadaire régional publie le témoignage choc d’un homme. Il accuse de viol le premier adjoint au maire d’Annecy, un élu depuis mis en retrait de ses fonctions. Ce même jour, une chose étrange se produit dans les kiosques de la ville. Des clients inhabituels se ruent sur le journal, en achètent 20 exemplaires par-ci, 50 par-là. L’un d’eux prétexte un exposé pour sa fille. Un autre se fait passer pour un employé du journal et en prend 146 en grande surface, affirmant qu’une erreur s’y est glissée. À midi, les deux tiers des points de vente sont dévalisés. Le journal, qui s’écoule normalement à 2000 exemplaires, en vend 1000 de plus ce jour-là un record.
Les buralistes sont formels. Ces acheteurs ne sont pas leurs clients habituels. En recoupant des témoignages et des images, les enquêteurs identifient plusieurs personnes directement liées à la mairie d’Annecy. Parmi elles, Myriam Clerc, conseillère spéciale du maire et ancienne collaboratrice parlementaire. Interrogée, elle n’a pas souhaité s’expliquer. Un membre de la majorité municipale, sous couvert d’anonymat, confie que certains élus ont été appelés pour acheter des journaux. Une opération décidée, selon lui, dans un moment de panique.
L’ancien ministre Antoine Armand, cité dans l’affaire, assure de son côté qu’aucune consigne n’a été donnée et qu’aucune organisation n’a été mise en place pour étouffer l’histoire. La mairie conteste fermement ces accusations. Mais pour les enquêteurs, cette razzia ressemble à une tentative de censure grossière et mal ficelée. L’objectif aurait été d’empêcher la diffusion d’une information d’intérêt public une accusation de viol contre un élu. L’affaire est désormais entre les mains de la justice, et la question reste posée jusqu’où certains sont prêts à aller pour protéger les leurs.
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