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Retour sous tension de la loi agricole à l’Assemblée

Le projet de loi d’urgence pour l’agriculture revient devant les députés dans une ambiance électrique. Au cœur des querelles, la possible réintroduction…

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Retour sous tension de la loi agricole à l'Assemblée

Le projet de loi d’urgence pour l’agriculture revient devant les députés dans une ambiance électrique. Au cœur des querelles, la possible réintroduction de deux pesticides interdits qui divise jusqu’au sommet de l’État.

Lundi, les parlementaires doivent se prononcer sur le texte final issu d’une commission mixte paritaire. Personne ne peut prédire l’issue du vote. Le compromis trouvé jeudi dernier entre députés et sénateurs a rallumé des braises que l’on croyait éteintes. La principale pomme de discorde est la réintroduction, à titre dérogatoire, de deux pesticides interdits en France mais autorisés dans l’Union européenne. L’acétamipride et le flupyradifurone pourraient revenir pour quelques filières agricoles en grande difficulté. Mais cette perspective provoque un vrai casse-tête politique.

Au sein du gouvernement, les positions sont irréconciliables. La ministre de la Transition écologique s’est dite personnellement opposée à la réintroduction de l’acétamipride. De l’autre côté, la ministre de l’Agriculture met en garde contre un échec qui achèverait de désespérer les agriculteurs. Le Premier ministre a convoqué une réunion l’après-midi même avec les présidents des groupes de la coalition et les deux ministres concernées. L’objectif est clair : tenter de déminer le terrain avant le vote. Mais les divisions traversent tous les partis de la majorité, du groupe Renaissance à Horizons en passant par le MoDem. Chacun doit accepter sa part de compromis, a prévenu le ministre des Relations avec le Parlement, mais le chemin semble étroit.

Pendant ce temps, la société civile s’échauffe. Les associations écologistes dénoncent un virage mortifère et appellent à la mobilisation. Plusieurs rassemblements sont prévus cette semaine, dont une manifestation parisienne lundi soir. Les syndicats agricoles, de leur côté, jugent ces réautorisations indispensables pour la compétitivité des filières betterave notamment. Le débat ne se limite pas aux pesticides. La question de l’eau et de son stockage pour l’irrigation reste aussi explosive. Tout cela survient dans un climat où les Français placent désormais l’environnement parmi leurs toutes premières préoccupations, une hausse spectaculaire en quelques semaines après des épisodes de chaleur intenses. Le texte semble pris entre deux feux : les impératifs économiques des agriculteurs et les attentes écologiques de la population.

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