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Un ancien officier supérieur rwandais renvoyé devant les assises pour sa participation présumée au génocide
La justice française a ordonné le renvoi en procès d’un ex-haut gradé de l’armée rwandaise, accusé d’avoir facilité l’approvisionnement en armes lors des massacres de 1994. Cette décision d’appel annule un précédent non-lieu.
Cyprien Kayumba, un ancien lieutenant-colonel âgé de 71 ans, devra répondre de complicité de génocide et de crimes contre l’humanité devant la cour d’assises spéciale de Paris. Les magistrats instructeurs de la cour d’appel ont estimé qu’il existait des éléments suffisants pour le juger, infirmant ainsi une ordonnance de non-lieu rendue quelques mois plus tôt. L’homme, qui occupait les fonctions de directeur des services financiers au ministère de la Défense rwandais en 1994, est soupçonné d’avoir joué un rôle central dans les livraisons d’armes aux forces ayant perpétré les exactions.
Au cours de la procédure, l’intéressé a toujours soutenu qu’il agissait sur ordre hiérarchique et qu’il ignorait la destination finale des armements. Il affirme n’avoir eu aucune connaissance de leur utilisation par les milices ou de la participation directe de l’armée aux tueries. Le parquet national antiterroriste, à l’origine de l’appel, a jugé cette version peu convaincante. Dans ses réquisitions, l’avocat général a souligné que l’officier, bien que non identifié comme un idéologue virulent, avait soutenu l’appareil militaire dès les premiers jours des violences et ne s’en était jamais distancié.
Les investigations rappellent que l’intéressé était présent lors d’une réunion cruciale de l’état-major, tenue au soir de l’attentat contre le président Juvénal Habyarimana, événement considéré comme le point de départ des massacres. Quelques jours plus tard, il fut envoyé en mission à l’étranger, notamment en France, pour tenter de réactiver des contrats d’armement suspendus. Pour l’accusation, ces faits démontrent une implication consciente dans la chaîne logistique ayant permis les exterminations.
La défense a exprimé sa consternation face à ce revirement de situation, après une instruction de très longue durée. Les avocats de Cyprien Kayumba estiment que la décision initiale de non-lieu, jugée rare dans ce type de dossier, reflétait davantage la réalité des faits. Parallèlement, les représentants des parties civiles se sont dits satisfaits de la perspective d’un procès, tout en déplorant les lenteurs de la procédure judiciaire française dans le traitement des dossiers liés au génocide rwandais.
Cette affaire intervient dans un contexte où plusieurs procédures concernant des figures présumées du régime de l’époque sont toujours en cours. Une décision distincte est notamment attendue concernant l’épouse de l’ancien président, Agathe Habyarimana, qui avait également bénéficié d’un non-lieu contesté en appel.
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