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Tricher au bac peut vous priver d’examens pendant cinq ans

Les suspicions de triche ont bondi de 30% en un an, et les risques sont bien réels. Annulation d’épreuves, blâme, voire interdiction de passer tout examen…

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Tricher au bac peut vous priver d'examens pendant cinq ans

Les suspicions de triche ont bondi de 30% en un an, et les risques sont bien réels. Annulation d’épreuves, blâme, voire interdiction de passer tout examen pendant cinq ans: voici ce qui attend ceux qui se font prendre.

Cette année, plus de 530 000 lycéens de terminale passent le bac. Entre pression des résultats et révisions bâclées, certains envisagent de frauder. La tentation est d’autant plus grande que le contrôle continu représente 40% de la note finale. Enzo, un lycéen breton interrogé sous un faux nom, raconte que dans son établissement, sortir son portable pour interroger ChatGPT ou Gemini pendant les devoirs est devenu « plutôt courant ». Une pratique qui semble se banaliser malgré les risques.

Les conséquences, elles, sont loin d’être anodines. En cas de triche avérée, l’élève peut écoper d’un simple blâme, mais aussi de l’annulation pure et simple d’une ou de toutes ses épreuves. En 2024, seize lycéens ont même écopé d’une interdiction ferme de passer tout examen pendant cinq ans. De quoi compromettre durablement un parcours scolaire ou professionnel. Pour Enzo, le jeu n’en vaut clairement pas la chandelle. Même si la tentation existe, il préfère ne pas risquer gros.

La triche serait-elle en train de s’accélérer? Le ministère de l’Éducation nationale a recensé 1 208 suspicions de fraude entre 2024 et 2025, soit 30% de plus que l’année précédente. Près de la moitié des cas impliquent les nouvelles technologies: téléphones, montres connectées, lunettes intelligentes. Sur les 833 élèves poursuivis par une commission disciplinaire, 634 ont reçu une sanction. Le ministre Édouard Geffray relativise: sur plus d’un million de candidats, ces chiffres restent faibles. Il pointe surtout la facilité offerte par les objets connectés, qui créent « la tentation ». De son côté, Élisabeth Allain-Moreno, secrétaire générale du syndicat SE-UNSA, rappelle que la triche a toujours existé. Pour elle, le vrai problème est ailleurs: si un élève ne comprend pas pourquoi il doit travailler pour obtenir son diplôme, c’est que quelque chose a dysfonctionné pendant sa scolarité.

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