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Snap mise sur la réalité augmentée avec Specs, un pari à 2 195 dollars
Les premières lunettes autonomes de réalité augmentée pour le grand public arrivent. Snap les commercialisera à l’automne aux États-Unis, au Royaume-Uni…


Les premières lunettes autonomes de réalité augmentée pour le grand public arrivent. Snap les commercialisera à l’automne aux États-Unis, au Royaume-Uni et en France.
Snap, la maison mère de Snapchat, a dévoilé mardi ses lunettes Specs. L’entreprise les présente comme une alternative aux écrans traditionnels. Contrairement aux simples accessoires connectés comme les Ray-Ban de Meta ou aux casques lourds comme le Vision Pro d’Apple, ces lunettes analysent l’environnement pour y superposer des objets numériques en 3D. Le prix est fixé à 2 195 dollars, un montant inférieur à celui du casque abandonné par Apple. Le PDG Evan Spiegel insiste sur la volonté de rendre la technologie plus humaine en l’intégrant au monde réel plutôt qu’en enfermant l’utilisateur dans un écran.
Le marché reste pourtant embryonnaire et très concurrentiel. Meta domine avec ses lunettes Ray-Ban vendues à plus de sept millions d’exemplaires, mais sa branche dédiée perd des milliards. Google a annoncé des lunettes connectées pour l’automne et Samsung commercialise depuis octobre un casque sous Android XR. Les Specs proposent une approche différente en s’appuyant sur l’intelligence artificielle comme fonction parmi d’autres, avec la possibilité d’utiliser les modèles d’OpenAI, de Google ou des modèles ouverts. Snap espère ainsi séduire les développeurs et le grand public, mais le chemin est semé d’embûches.
Une démonstration a eu lieu à Paris dans l’installation de l’artiste JR, La Caverne du Pont-Neuf. Équipé des lunettes, le visiteur voit un vol de chauves-souris décomposé à la manière du pionnier de la chronophotographie, puis une danseuse avatar de Marion Barbeau. JR s’enthousiasme pour cette technologie qui permet selon lui de traverser les écrans. La France fait partie des trois premiers marchés de lancement, Snap y dispose d’un studio de réalité augmentée depuis 2021. Ce choix n’est pas anodin pour une entreprise en difficulté, qui a supprimé 16% de ses effectifs en avril dernier.
Snap est déficitaire depuis son entrée en Bourse en 2017, malgré près de 956 millions d’utilisateurs mensuels. Un fonds activiste actionnaire, Irenic Capital Management, réclame la fermeture ou la cession de cette activité, accusée d’avoir englouti plus de 3,5 milliards de dollars. Spiegel refuse pour l’instant, arguant que le succès des Specs se mesurera à la créativité des développeurs plutôt qu’à des indicateurs financiers. Le pari est risqué mais l’enjeu est clair. Snap tente de se positionner comme un acteur clé de l’après-smartphone, un horizon encore flou mais que tous les géants de la tech explorent.





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