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Quinze pays européens passent à l’offensive pour sauver leur chimie

Face à la concurrence américaine et chinoise, quinze États européens affichent leur convergence sur un soutien à la filière chimique du continent. Mais…

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Quinze pays européens passent à l'offensive pour sauver leur chimie

Face à la concurrence américaine et chinoise, quinze États européens affichent leur convergence sur un soutien à la filière chimique du continent. Mais l’alliance lancée par Bruxelles suscite déjà la défiance des ONG environnementales.

Le ministre français délégué à l’Industrie, Sébastien Martin, hausse le ton. Pour lui, la Commission européenne doit prendre des mesures concrètes et rapides afin de protéger et de renforcer la production chimique du continent. Son message est limpide, le temps du diagnostic appartient au passé et celui de l’action a commencé. Il s’exprimait au sortir d’une réunion à distance rassemblant quinze pays européens, coorganisée avec les Pays-Bas. Autour de la table figuraient également l’Allemagne, la Belgique, l’Espagne, la Grèce, la Hongrie, l’Irlande, l’Italie, la Pologne, le Portugal, la Slovaquie, la Slovénie, la Suède et la Tchéquie.

Les participants ont largement convergé sur plusieurs priorités, selon le ministère français. Trois axes se dégagent nettement. Le renforcement de la défense commerciale, le soutien aux investissements sur les sites stratégiques et la volonté de privilégier les molécules stratégiques fabriquées en Europe. Des points névralgiques pour une industrie qui pèse lourd et qui souffre. La chimie du Vieux Continent doit composer avec une concurrence internationale féroce, venue des États-Unis comme de Chine, tout en étant très gourmande en gaz et dépendante de la transformation du pétrole. Le contexte n’arrange rien. La filière traverse une succession de crises, la plus récente étant le renchérissement des énergies fossiles provoqué par la guerre au Moyen-Orient. Une addition salée pour un secteur énergivore, déjà fragilisé.

Du côté de Bruxelles, le dialogue avec la filière dure depuis des mois. L’objectif consiste à bâtir un plan de soutien comparable à celui déployé pour d’autres branches jugées stratégiques, comme l’acier ou l’automobile. L’exercice reste délicat, car les demandes de la chimie varient fortement selon les activités. Un groupe de travail dédié, l’alliance pour les produits chimiques critiques, doit justement recenser les productions et les molécules les plus essentielles à l’économie européenne. Cette structure rassemble les principaux acteurs du dossier, dont le lobby européen du secteur, le Cefic, et doit se réunir dans l’est de la France.

L’initiative ne fait pas l’unanimité. Deux organisations, Corporate Europe Observatory et le Bureau européen de l’environnement, ont publié un rapport début juillet pour la dénoncer. À leurs yeux, l’alliance est pensée de façon à offrir aux industriels en place une influence considérable sur les conclusions. Elles reprochent aussi au dispositif d’ignorer la nécessité de rendre une production dangereuse moins toxique et de remédier aux pollutions qui affectent les corps, le climat et l’environnement. Le plastique et les PFAS, ces polluants éternels, sont cités en exemple. Leur crainte est claire. Voir plusieurs substances problématiques et dangereuses classées comme critiques, et donc ouvrir la voie à un soutien accru des autorités.

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