Faits Divers
Niamey sous tension après des tirs à l’aéroport, l’armée ratisse les quartiers
Des détonations ont secoué l’entrée de l’aéroport de Niamey jeudi matin, avant que le calme ne revienne vers 10h. Les forces nigériennes, épaulées par des…


Des détonations ont secoué l’entrée de l’aéroport de Niamey jeudi matin, avant que le calme ne revienne vers 10h. Les forces nigériennes, épaulées par des habitants, ont lancé une traque dans les rues avoisinantes.
C’est un bruit qui glace le dos dans une capitale déjà sous pression. Peu après 6h du matin, des coups de feu ont éclaté à la grande porte de l’aéroport international de Niamey. Un riverain joint sur place a décrit des tirs venant du poste de contrôle et de fouille, évoquant ce qu’il pense être une attaque terroriste. Les détonations ont duré plusieurs heures. Vers 10h, le silence est revenu dans l’enceinte aéroportuaire. Mais la menace ne s’était pas éloignée. Des assaillants auraient été signalés dans le quartier Route Tchanga, juste à côté. Les militaires ont alors mené une opération de ratissage. Et des habitants sont descendus dans la rue, armés de bâtons et de coupe-coupes, pour aider à chasser les intrus.
Cet incident ravive un traumatisme récent. Fin janvier, l’aéroport de Niamey et sa base militaire attenante avaient déjà été la cible d’une attaque jihadiste de grande ampleur, revendiquée par l’État islamique. Quatre blessés et des dégâts matériels avaient été recensés. C’était une première dans la capitale. Depuis, les autorités ont multiplié les mesures. Le mur d’enceinte a été rallongé. Plus de 350 caméras de surveillance ont été installées à l’intérieur comme à l’extérieur. Le régime avait même lancé une campagne de destruction de quartiers entiers autour de l’aéroport pour réduire le risque terroriste. Pourtant, ce jeudi, une nouvelle faille semble s’être ouverte dans le dispositif.
Le Niger est gouverné depuis près de trois ans par un régime militaire issu d’un coup d’État. Il lutte contre des groupes jihadistes actifs depuis le milieu des années 2010, comme l’État islamique ou le JNIM qui frappent de plus en plus fort. Le général Abdourahamane Tiani, chef de la junte, avait lui-même reconnu une faille après l’attaque de janvier, estimant que l’objectif était de détruire les capacités aériennes de l’armée. Pour se défendre, Niamey a tourné le dos à son ancien partenaire français, qu’il accuse même de soutenir les jihadistes. Il s’appuie désormais sur des alliés comme la Russie, la Turquie ou l’Iran. Mais ce jeudi, une fois de plus, la sécurité de la capitale a montré ses limites.
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