Europe
L’UE veut blinder ses frontières après l’assaut migratoire de Ceuta
La semaine dernière, des milliers de personnes ont franchi la frontière de l’enclave espagnole de Ceuta. Les ministres européens de l’Intérieur ont…

La semaine dernière, des milliers de personnes ont franchi la frontière de l’enclave espagnole de Ceuta. Les ministres européens de l’Intérieur ont répondu en exigeant des mesures plus dures contre les passeurs et pour les retours.
Les ministres européens de l’Intérieur ont haussé le ton. Réunis pour discuter de la pression migratoire, ils ont réclamé une offensive contre les réseaux de passeurs, des procédures de retour plus rapides et une coopération renforcée avec les pays extérieurs à l’Union. Ils veulent aussi mieux partager les renseignements et surveiller de près les réseaux sociaux pour détecter les vagues migratoires le plus tôt possible. L’objectif est clair, éviter qu’un scénario comme celui de Ceuta ne se reproduise.
L’épisode s’est joué dans l’enclave espagnole de Ceuta. Près de 72 000 personnes sont entrées depuis le Maroc en une semaine. Selon le commissaire européen chargé des migrations, Magnus Brunner, ces franchissements massifs ont été orchestrés par des criminels et amplifiés par la désinformation en ligne. Une enquête est en cours en Espagne pour déterminer le rôle exact du Maroc dans cette intrusion. Bruxelles préfère pour l’instant saluer la coopération de Rabat, qui a accepté le retour de la plupart de ces migrants. L’UE négocie par ailleurs un accord de partenariat stratégique avec le Maroc.
Pour aider l’Espagne à protéger sa frontière extérieure, l’Union a proposé un soutien financier d’urgence. Mais la question de la régularisation massive des sans-papiers décidée par Madrid divise. Le commissaire Brunner ne voit pas de lien direct avec la crise de Ceuta, tout en reconnaissant que cette décision n’est pas perçue comme un bon signal par les autres États membres. L’Italie a même suspendu pour un mois les accords de voyage sans passeport de l’espace Schengen avec l’Espagne, même s’ils ne concernent pas Ceuta. Et 22 des 27 pays de l’UE demandent une action coordonnée pour renforcer les frontières extérieures du bloc.
Certains pays veulent aller plus loin. Le Danemark réclame davantage de financements européens pour la sécurité des frontières, en rappelant la crise des réfugiés syriens de 2015. L’Italie propose de créer des centres de traitement externe des demandes d’asile et des retours dans des pays tiers sûrs. Le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, va même jusqu’à suggérer un mécanisme d’urgence migratoire qui permettrait, dans des circonstances exceptionnelles, de suspendre temporairement les demandes d’asile lors d’arrivées massives. La crise de Ceuta constitue le premier test du pacte migratoire européen entré en vigueur en juin, après des années de négociations.
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