Société
Le tunnelier français qui a sauvé les JO de Paris et creuse l’avenir de l’Afrique
Sans lui, la Seine n’aurait jamais été baignable pour les triathlètes. Bessac, unique constructeur français de tunneliers, enchaîne les chantiers…


Sans lui, la Seine n’aurait jamais été baignable pour les triathlètes. Bessac, unique constructeur français de tunneliers, enchaîne les chantiers d’envergure – des sous-sols de la capitale aux mégapoles africaines.
Derrière l’image des athlètes plongeant dans une Seine enfin propre, il y a un engin d’acier long de plusieurs mètres. Un tunnelier prénommé Sequana, du nom d’une déesse gauloise. C’est lui qui a foré une galerie de plus de deux mètres de diamètre sous le fleuve, reliant le réseau à un bassin géant de 50 000 mètres cubes caché sous la gare d’Austerlitz. Résultat : les pluies d’orage ne déversent plus leurs eaux usées dans la Seine. Les JO de Paris 2024 doivent une fière chandelle à cette machine discrète.
Bessac, c’est une entreprise née il y a un peu plus de cinquante ans dans le Tarn, passée sous le giron de Vinci en 2007. Aujourd’hui, elle emploie environ 400 personnes et réalise 150 millions d’euros de chiffre d’affaires. Sa spécialité : les tunneliers de taille petite à moyenne. Des micro-tunneliers de 50 centimètres à 3 mètres de diamètre, pilotables depuis la surface, jusqu’à des machines de 6,5 mètres. Là où le géant allemand Herrenknecht mise sur les très gros engins pour le Grand Paris Express, Bessac a fait le pari de la finesse et de la polyvalence. Ses machines, qui portent toujours des prénoms féminins, sont conçues pour être faciles à transporter et à réutiliser d’un chantier à l’autre.
Preuve de cette agilité, Bessac est intervenu dans 38 pays depuis son premier chantier international à Berlin en 1995, juste après la chute du Mur. Aujourd’hui, l’entreprise mise sur l’Afrique. À Abidjan, la ville la plus peuplée de Côte d’Ivoire, les inondations sont devenues un fléau récurrent. Bessac y prépare le plus grand ouvrage de drainage fluvial du continent : un tunnel de 4 kilomètres creusé par une machine de 6,60 mètres de diamètre, en cours d’assemblage à Saint-Jory près de Toulouse. Un chantier colossal qui pourrait changer la vie de millions d’habitants. Pendant ce temps, dans le golfe de Gascogne, trois tunnels sous-marins viennent d’être achevés pour relier les réseaux électriques français et espagnol. Bessac creuse son sillon, entre la modernisation des vieux réseaux occidentaux et les besoins vitaux des pays émergents.
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