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Le flot a tout emporté en quelques minutes : l’Afghanistan pleure ses disparus
Des habitants fouillent la boue à mains nues après des crues éclair dans le nord-est du pays. Le bilan dépasse déjà les vingt morts, mais une centaine de…


Des habitants fouillent la boue à mains nues après des crues éclair dans le nord-est du pays. Le bilan dépasse déjà les vingt morts, mais une centaine de personnes restent introuvables.
Dans la ville de Parun, perdue au cœur des montagnes du Nouristan, les secouristes creusent sans relâche. Les engins de chantier sont rares, alors les hommes utilisent des pelles ou leurs propres mains pour dégager les gravats. Une centaine d’habitants sont portés disparus depuis lundi soir. Les équipes du Croissant-Rouge afghan le disent tout bas : trouver des survivants relève presque de l’impossible. Le porte-parole Juma Khan Nayel raconte des scènes déchirantes, des espoirs qui s’éteignent un à un. « Des gens croyaient qu’il y avait encore des vivants dans un bâtiment, mais quand les secouristes sont arrivés, il n’y avait plus personne », confie-t-il.
Les flots ont frappé sans prévenir. Farid Gul Zaheer, pharmacien de 34 ans, se souvient de cette nuit d’horreur. « J’ai vu beaucoup de crues à Parun, mais jamais d’aussi dangereuse. Je me suis blessé en essayant de grimper plus haut dans la montagne. La pluie rendait l’ascension difficile. Quand je me suis retourné, la ville avait été détruite. » Son magasin, le fruit de toute une vie de travail, a été emporté. Comme lui, des dizaines de familles ont tout perdu. Zakirullah Zaki, gérant de l’hôtel Spogmai, a eu plus de chance : son petit frère, disparu dans le chaos, a été retrouvé sain et sauf. Mais la peur reste immense. « Personne n’a dormi cette nuit, les gens sont traumatisés », raconte-t-il.
Cette catastrophe n’est pas un hasard. L’Afghanistan ne produit que 0,08 % des gaz à effet de serre mondiaux, mais subit de plein fouet les conséquences du dérèglement climatique. La fonte des glaciers et l’augmentation des précipitations extrêmes aggravent chaque année la situation humanitaire du pays. Déjà au printemps, plus de 200 personnes avaient péri dans des inondations en Afghanistan et au Pakistan voisin. Aujourd’hui, les besoins sont immenses : il faut de l’eau potable, de la nourriture, des tentes. Le Croissant-Rouge envoie des équipes et des cliniques mobiles. L’ONU prépare une mission d’évaluation. Mais dans les décombres de Parun, des centaines de familles n’attendent qu’une chose : retrouver leurs proches, et pouvoir reconstruire.
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