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L’ancien maire de Levallois-Perret confronté à une sévère réquisition pénale
_**Le parquet a demandé une peine d’emprisonnement ferme et une lourde amende à l’encontre de Patrick Balkany, jugé pour des faits de détournement de fonds publics et de prise illégale d’intérêts.**_
L’audience, tenue ce mercredi au tribunal judiciaire de Nanterre, a été marquée par des réquisitions sévères du ministère public. La magistrate a sollicité une peine de trois ans d’emprisonnement, dont dix-huit mois ferme, à l’encontre de l’ancien édile. Une amende de 350 000 euros, une interdiction d’exercer dans la fonction publique pour cinq ans, une décennie d’inéligibilité et l’affichage du jugement ont également été demandés. La représentante du parquet a justifié cette sévérité en évoquant une atteinte aux principes républicains, tout en reconnaissant avoir pris en compte l’âge et l’état de santé du prévenu, aujourd’hui âgé de 77 ans.
Le dossier porte sur les conditions dans lesquelles un ancien collaborateur de la mairie, Renaud Guillot-Corail, a perçu, après son départ à la retraite en 2012, des rémunérations via une association subventionnée par la commune, le Codeeil. L’accusation a détaillé un système permettant au bénéficiaire de cumuler sa pension avec un revenu net dépassant 11 000 euros mensuels, le tout assorti de la location à un tarif préférentiel d’un logement municipal. Cette structure, financée par 855 000 euros de subventions publiques, aurait également couvert des déplacements onéreux à l’étranger, présentés comme des missions de développement économique.
La procureure a fermement dénoncé l’utilisation de fonds collectifs à des fins personnelles, soulignant le caractère sacré de l’argent public. Elle a contrasté les sommes en jeu avec les modestes subventions allouées à des associations caritatives, pointant ce qu’elle a qualifié d’abus caractérisé. L’actuelle maire de Levallois-Perret, Agnès Pottier-Dumas, s’est constituée partie civile au nom de la commune.
Les débats ont connu des moments de vives tensions entre le président du tribunal et le prévenu. Ce dernier a contesté avec véhémence les accusations, parlant d’un mauvais procès et évoquant le traumatisme de ses précédentes incarcérations. Son avocat, plaidant la relaxe, a rejeté toute présomption de culpabilité et critiqué la sévérité des réquisitions, appelant la cour à juger l’homme et non sa réputation.
La défense a insisté sur l’absence, selon elle, de preuves tangibles dans un dossier qu’elle estime construit sur des présomptions. L’ancien élu s’est déclaré serein et confiant dans la reconnaissance de sa bonne foi par la justice. Le jugement a été mis en délibéré au 28 mai. L’audience doit se poursuivre pour l’examen d’une seconde affaire concernant l’utilisation présumée illégale d’agents de police municipale à titre privé, un volet que l’intéressé a refusé d’aborder mercredi après-midi pour des raisons de santé.
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