Planète
La gauche insoumise dénonce une censure politique après l’annulation de son concert géant
La France insoumise affronte le gouvernement sur le terrain de la liberté d’expression. L’interdiction de son concert pour la Fête de la musique à Paris…


La France insoumise affronte le gouvernement sur le terrain de la liberté d’expression. L’interdiction de son concert pour la Fête de la musique à Paris est qualifiée de « mensonge d’État » par le parti de Jean-Luc Mélenchon.
Le bras de fer est engagé. La préfecture de police de Paris a annulé le concert prévu par La France insoumise place de la République, dimanche soir, pour la Fête de la musique. Motif officiel : un risque de troubles à l’ordre public, lié à la présence d’invités « ayant tenu des propos injurieux envers les forces de l’ordre ». La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a appuyé cette décision sur BFMTV en parlant d’un événement qui attirerait un « public hostile ».
Les Insoumis ne décolèrent pas. Manuel Bompard, coordinateur du parti, a riposté en accusant la porte-parole de « mentir allègrement à la télévision ». Selon lui, l’argumentaire de la préfecture ne tient pas. Le concert devait clôturer une marche contre le racisme. Or, fait notable, les trois noms cités par les autorités comme motifs d’inquiétude ne figuraient pas à l’affiche officielle : ni le rappeur Soso Maness, ni le comédien Médine, ni la militante Assa Traoré n’étaient programmés, assure une source LFI. Le parti a saisi le tribunal administratif pour faire annuler l’arrêté préfectoral.
Cette interdiction soulève une question de fond : jusqu’où peut aller le pouvoir d’un préfet pour empêcher un rassemblement politique déguisé en fête populaire ? La France insoumise assume de politiser la Fête de la musique, comme elle l’avait fait en 2025 sur les bords du canal Saint-Martin, sans aucune annulation. Cette fois, le contexte politique est tendu. Le maire PS de Paris Centre a qualifié le projet d’« irresponsable », tandis que le président du CRIF y voit une tentative de division. Mais pour l’élu communiste Ian Brossat, « rien ne justifie une telle interdiction. Le principe de la Fête de la musique, c’est la liberté ». La justice devra trancher, après des semaines de polarisation sur fond de campagne des municipales.
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