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La dentelle fait son grand retour dans la mode, entre héritage et seconde vie
Ce tissu délicat, autrefois réservé aux cols et aux mouchoirs, s’impose sur les podiums et dans les dressings. Portée par des stars comme Beyoncé, elle…


Ce tissu délicat, autrefois réservé aux cols et aux mouchoirs, s’impose sur les podiums et dans les dressings. Portée par des stars comme Beyoncé, elle renaît aussi grâce à des artisans qui recyclent des chutes anciennes pour créer des pièces uniques.
Depuis quelques saisons, la dentelle revient en force. On la voit chez Saint Laurent, chez Alexander McQueen, et même dans les recherches des utilisateurs de Pinterest. Loin d’être un simple effet de mode, ce retour s’explique par une quête de sens dans un secteur du luxe traversé par des difficultés économiques. Les marques misent sur la qualité plutôt que la quantité, et la dentelle incarne parfaitement cette exigence. Comme le souligne un observateur du milieu, elle évoque immédiatement le savoir-faire, la préciosité, une dimension presque couture qui donne de la valeur au vêtement. Dans une période jugée dure, un brin de fragilité devient même un luxe recherché.
Mais la dentelle n’est pas qu’une affaire de grands défilés. Dans un petit atelier parisien, la créatrice Maria Bernad la travaille autrement. Sa marque Les Fleurs Studio, fondée en 2019, utilise exclusivement des tissus des XVIIIe, XIXe et XXe siècles. Des chutes trouvées sur les marchés, des pièces récupérées chez des particuliers, tout part à la couture. Chaque vêtement est assemblé à la main, comme un puzzle. Cette pratique, encore marginale, répond à une envie grandissante de posséder des habits vraiment uniques. Maria Bernad le constate depuis quelques années, les tendances évoluent vers plus d’originalité et de durabilité.
Les commandes affluent surtout pour les robes de mariée et de soirée. La confection peut prendre de deux semaines à deux mois, avec des prix allant de 2 000 à 12 000 euros pour les modèles les plus complexes. Des célébrités ont adopté ces créations. En 2024, Beyoncé portait une mini-robe en crochet avec une coiffe assortie. Plus récemment, Rosalía a enchaîné les concerts en France avec une cape en dentelle des années 1940. Pour Maria Bernad, il ne s’agit pas de suivre une mode, mais de redonner vie à des matériaux du passé. Une manière de créer du beau, de l’unique et, surtout, de ne rien gaspiller.





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