Faits Divers
La Chancellerie face à la polémique des fuites présumées
_**L’affaire de la garde à vue de l’eurodéputée Rima Hassan met en lumière des tensions au sein du ministère de la Justice, accusé d’avoir divulgué des éléments confidentiels à la presse.**_
Le ministère de la Justice se trouve confronté à des accusations de violation du secret de l’enquête, à la suite de la garde à vue de l’élue La France insoumise Rima Hassan. Celle-ci a déposé plainte pour « violation du secret professionnel », par l’intermédiaire de son avocat, qui a également sollicité l’ouverture d’enquêtes administratives. Les reproches visent en particulier le porte-parole de la Chancellerie, mis en cause par un hebdomadaire pour avoir échangé avec des journalistes pendant la procédure.
Le magistrat concerné a vivement démenti ces allégations, qualifiées de « mensongères », et a porté plainte pour diffamation. Il affirme que ses contacts avec la presse, qu’il décrit comme réguliers et pédagogiques, ne portent jamais sur le fond des dossiers. Parallèlement, le garde des Sceaux a saisi l’Inspection générale de la Justice sur ces fuites présumées, tout en dénonçant les attaques personnelles et les messages antisémites dont son porte-parole serait la cible.
Le parquet de Paris a d’ores et déjà ouvert une enquête pour violation du secret de l’enquête, un délit pénalement sanctionné. Les magistrats estiment que la précision et le calendrier des informations parues dans les médias, en pleine garde à vue, justifient cette procédure. L’élue avait été placée en détention provisoire le 2 avril dans le cadre d’une enquête pour apologie du terrorisme, liée à une publication sur les réseaux sociaux.
Les révélations de presse évoquant la découverte d’une substance stupéfiante dans ses affaires n’ont pas été confirmées par les conclusions immédiates de l’enquête. Le parquet a indiqué que des analyses complémentaires étaient en cours. La défense de l’eurodéputée souligne que son clienté a acheté légalement du CBD à Bruxelles et produit un justificatif, ignorant toute présence d’un autre produit. Les premiers examens policiers auraient détecté des traces d’une drogue de synthèse sur la résine saisie, mais les analyses biologiques se sont révélées négatives.
Rima Hassan, entendue librement le lendemain dans deux autres enquêtes distinctes, dénonce un « harcèlement judiciaire et politique » qu’elle impute à ses prises de position. L’imbroglio judiciaire et la controverse sur les fuites placent désormais l’institution judiciaire sous un feu croisé, entre exigence de transparence et impératif de confidentialité des procédures.
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