Nous rejoindre sur les réseaux

Monde

Keiko Fujimori l’inlassable héritière touche enfin au but

Après trois échecs et vingt ans de carrière politique, la fille d’Alberto Fujimori est sur le point de devenir présidente du Pérou. Son pari sur l’ordre…

Article

le

Keiko Fujimori l’inlassable héritière touche enfin au but

Après trois échecs et vingt ans de carrière politique, la fille d’Alberto Fujimori est sur le point de devenir présidente du Pérou. Son pari sur l’ordre et la sécurité a convaincu une majorité d’électeurs.

Keiko Fujimori a attendu longtemps. Quinze ans de campagnes, trois défaites serrées, et la voilà enfin en tête des urnes. Les résultats définitifs ne sont pas encore officialisés, mais son avance est désormais irrattrapable. À 49 ans, cette figure controversée du paysage péruvien s’apprête à prendre les rênes d’un pays marqué par l’instabilité politique et la montée de la criminalité. Son parcours est hors norme. Fille d’Alberto Fujimori, président autoritaire des années 1990, elle est devenue première dame à seulement 19 ans, côtoyant chefs d’État et dirigeants internationaux. Diplômée en administration aux États-Unis, députée puis cheffe du parti Force populaire, elle a grandi dans les coulisses du pouvoir. Les Péruviens la connaissent sous son prénom ou sous le surnom de « la China », sobriquet courant pour les personnes d’origine asiatique. Son nom divise autant qu’il rassemble.

Sa campagne a misé sur un thème simple et fort : l’ordre. Dans un pays frappé par une vague de violence et d’insécurité, elle promet de rétablir la discipline avec la même poigne que son père, qui avait écrasé les guérillas du Sentier Lumineux et du MRTA dans les années 1990. « La gauche conduit à la pauvreté et au chaos », a-t-elle martelé, tout en affirmant vouloir vaincre les délinquants comme son père avait vaincu les terroristes. Pour elle, l’antifujimorisme a dominé la vie politique péruvienne pendant vingt-cinq ans, provoquant divisions et instabilité. Ses adversaires lui reprochent au contraire d’avoir alimenté cette instabilité par son influence au Parlement. Mais cette fois, le discours sécuritaire a porté. Son père, mort en 2024, n’a pas vu cette victoire. « Il me manque », a-t-elle confié en avril, lors d’une interview. C’était sa première campagne sans lui.

Longtemps perçue comme une personnalité clivante et combative, Keiko Fujimori a tenté d’adoucir son image. Elle a passé plus d’un an en détention provisoire dans le cadre de l’affaire Odebrecht, soupçonnée de blanchiment d’argent. « J’ai aussi commis des erreurs, notamment en ayant parfois une attitude très conflictuelle », reconnaît-elle aujourd’hui. Mère de deux filles, divorcée d’un Américain, elle s’efforce de montrer un visage plus apaisé. Ses proches la décrivent comme déterminée et résiliente. « Chaque coup qu’elle a reçu ne l’a pas brisée, mais l’a rendue encore plus forte », assure son colistier. Reste à savoir si cette présidence tant attendue parviendra à réconcilier un pays que le nom Fujimori continue de diviser.

À lire aussi

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus