Société
Sur le lac de Sainte-Croix, la chasse aux campeurs clandestins est lancée
Chaque nuit, des gendarmes patrouillent sur les eaux pour empêcher les bivouacs sauvages. Le but, éviter qu’un mégot ne mette le feu aux massifs du Verdon.


Chaque nuit, des gendarmes patrouillent sur les eaux pour empêcher les bivouacs sauvages. Le but, éviter qu’un mégot ne mette le feu aux massifs du Verdon.
À la nuit tombée, les jumelles sont braquées sur les rives du lac de Sainte-Croix, aux portes des Gorges du Verdon. Deux gendarmes accompagnés d’une éco-garde du parc régional montent dans un bateau pneumatique et longent les berges, entre le Var et les Alpes-de-Haute-Provence. Leur mission est précise. Repérer les campeurs illégaux et les déloger avant qu’un départ de feu ne ravage les massifs. Les rondes durent de 20 heures à 1 heure du matin, et chaque abordage est une occasion de prévenir, parfois de sanctionner.
Un couple de vingtenaires est assis sous un abri de fortune composé de branches de bois mort. Le gendarme leur demande de plier bagage et d’aller bivouaquer ailleurs. Pas d’amende pour eux, et le soulagement est visible. Pauline Six comprend parfaitement la manœuvre, elle qui a vu les incendies détruire plus de 90.000 hectares cette année. « Ils font un super travail », lance-t-elle, avant de ranger ses affaires. Tout le monde n’est pas aussi conciliant. Plus loin, huit hommes venus de Marseille, un peu éméchés, ont installé leurs chaises de camping à côté de tentes. Ils jurent qu’aucun feu n’est allumé et qu’ils utilisent des bouteilles d’eau pour éteindre leurs mégots. Peine perdue. Leur installation est interdite, et la cigarette dans cette zone à fort risque d’incendie aussi. Ils repartent avec une contravention de 135 euros.
Depuis le début de l’année, les gendarmes du Var ont relevé plus de 300 infractions liées à la protection des massifs forestiers, dont près de 90 autour du lac de Sainte-Croix et de son voisin d’Artignosc. Le colonel Grégory Goumain, commandant de la gendarmerie du Var, résume l’état d’esprit. Quand arrive le soir, l’objectif est de fermer les portes du lac avec plus personne à l’intérieur. Ce dispositif, déployé chaque été depuis trois ans, a déjà fait ses preuves. Le dernier grand incendie du secteur, en 2005, avait démarré à Gréoux-les-Bains et brûlé plus de 2.000 hectares autour du lac d’Esparron.
Ces patrouilles s’inscrivent dans une opération plus large baptisée Nemus, lancée début août. Environ 330 gendarmes mobiles sillonnent à pied, à vélo ou à cheval les massifs les plus exposés du sud de la France. Des hélicoptères équipés de caméras thermiques et des drones peuvent également survoler les zones sensibles pour détecter les foyers naissants. Et avec la canicule qui s’installe sur le Sud-Est, placé en vigilance orange, la vigilance est maximale. Les prochains jours s’annoncent chauds et venteux. Autant dire que les patrouilles nocturnes vont continuer à sillonner les berges.
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