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En Suisse, les glaciers fondent plus vite que jamais et la ressource en eau vacille

Un rapport publié jeudi révèle que les glaciers suisses ont encore abandonné plus de 5 % de leur masse en 2026, après un hiver trop sec en neige et un été…

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En Suisse, les glaciers fondent plus vite que jamais et la ressource en eau vacille

Un rapport publié jeudi révèle que les glaciers suisses ont encore abandonné plus de 5 % de leur masse en 2026, après un hiver trop sec en neige et un été brûlant. En cinq ans, ils ont perdu près d’un cinquième de leur volume, une érosion qui menace l’eau disponible demain.

Le chiffre donne le vertige. En 2026, les glaciers de Suisse ont laissé filer plus de 5 % de leur masse, selon le rapport rendu public jeudi par le réseau suisse de surveillance des glaciers (GLAMOS) et la Commission pour l’observation de la cryosphère de l’Académie des sciences du pays. Un an plus tôt, personne n’aurait parié sur une telle ampleur. Cette fois, la combinaison d’un hiver trop peu enneigé et de températures estivales record a fait fondre la glace à une vitesse qualifiée d’énorme par Matthias Huss, le directeur de GLAMOS. Sa phrase résume l’époque. Nous sommes désormais dans ce nouveau monde, dans cet avenir où les glaciers ne font que fondre, dit-il.

Le phénomène ne date pas de cette année. Sur les cinq dernières années, les glaciers helvétiques ont perdu près d’un cinquième de leur masse, une trajectoire qui interroge jusqu’à la survie à long terme des glaciers européens. Deux géants illustrent le décrochage. Le glacier d’Aletsch, le plus grand du pays, a subi cette année sa plus forte fonte jamais enregistrée. Celui de Tsanfleuron, lui, a vu son épaisseur moyenne diminuer de plus de quatre mètres.

Les volumes en jeu se comptent en milliards de litres. Entre juillet et septembre, les scientifiques estiment que les glaciers suisses ont relâché environ 2 200 milliards de litres d’eau. Pour se représenter l’ordre de grandeur, cela représente plus de quatre fois la consommation annuelle d’eau potable des ménages du pays. Derrière ces chiffres, un enjeu très concret pour les habitants, les agriculteurs et les industries qui dépendent de la fonte estivale pour remplir les rivières et les réservoirs.

Curieux paradoxe, cette fonte rend aussi service. Elle atténue les pénuries d’eau que le pays connaît en été, en alimentant les cours d’eau au moment où les pluies se font rares. Mais ce coup de pouce a une date de péremption. À mesure que les zones recouvertes de glace rétrécissent et que les glaciers perdent du volume, ce réservoir naturel s’assèche, prévient Matthias Huss. Autrement dit, moins il reste de glace, moins le phénomène pourra compenser les étés secs. Ce qui se joue aujourd’hui dans les Alpes suisses dessine ce qui attend une bonne partie de l’Europe de la montagne.

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