Économie
Les taux européens s’envolent, la France sous pression
Les rendements obligataires de la zone euro poursuivent leur ascension, après leur plus forte hausse trimestrielle depuis 2022. La France voit son coût…


Les rendements obligataires de la zone euro poursuivent leur ascension, après leur plus forte hausse trimestrielle depuis 2022. La France voit son coût d’emprunt à dix ans frôler les 5%, un niveau inédit depuis dix-huit ans.
Le quatrième trimestre démarre sur la même pente que le précédent. Les taux des obligations d’État de la zone euro ont encore grimpé ce jeudi, après avoir enregistré la veille leur plus forte poussée trimestrielle depuis 2022. Deux facteurs alimentent cette tension, le niveau élevé de la dette publique des États et l’aggravation de la crise énergétique. Conséquence directe, les marchés anticipent désormais au moins trois hausses de taux de la Banque centrale européenne d’ici la fin 2027.
La France se retrouve en première ligne. Son rendement à dix ans a touché un sommet inédit depuis dix-huit ans, après une progression trimestrielle record en près de quarante ans. Sur les derniers échanges, il s’affichait à 4,9523%, en hausse de 10,9 points de base, après avoir frôlé la barre des 5%, à 4,9629%. Le Bund allemand, référence de la zone, se traitait à 3,6386%, en progression de 5,9 points de base, après un pic à 3,6526% lundi, son plus haut depuis juin 2009.
Autre signal fort, l’écart entre les rendements français et allemands a franchi le seuil des 130 points de base, au plus haut depuis 2012. Cet indicateur mesure la prime de risque que réclament les investisseurs pour détenir de la dette française. L’écart entre le Bund et les obligations italiennes a lui atteint 105,71 points de base, un niveau inédit depuis juin 2025.
Ces chiffres racontent une même inquiétude. Les anticipations de nouvelles hausses de taux de la BCE renchérissent le coût de l’emprunt, ce qui ravive les questions sur la soutenabilité de la dette des pays les plus endettés, la France et l’Italie en tête. S’y ajoute l’incertitude politique à l’approche des élections de 2027, qui renforce les craintes sur leurs trajectoires budgétaires. Le gouvernement français doit présenter ce jeudi, en Conseil des ministres, une première copie de son budget pour 2027.
Du côté monétaire, les investisseurs tablent sur un taux de dépôt de la BCE à 2,81% d’ici décembre, ce qui implique une hausse d’un quart de point, avec 24% de probabilité d’un second resserrement. À plus long terme, ce taux pourrait atteindre 3,42% d’ici fin 2027, contre 2,50% actuellement.
Le pétrole, lui, recule, dans le sillage de la reprise des exportations de brut du Golfe et d’une hausse inattendue des stocks américains la semaine dernière. Un répit trop faible pour faire retomber la pression sur le marché obligataire.
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