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Vingt pour cent de généraux en moins et une armée de guerriers, le credo assumé de Pete Hegseth

Le ministre américain de la Défense affirme avoir taillé dans le nombre de ses plus hauts gradés et revendique un virage complet vers une armée façonnée…

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Vingt pour cent de généraux en moins et une armée de guerriers, le credo assumé de Pete Hegseth

Le ministre américain de la Défense affirme avoir taillé dans le nombre de ses plus hauts gradés et revendique un virage complet vers une armée façonnée pour le combat. Une saignée qu’il présente comme du simple bon sens.

Pete Hegseth l’affirme sans détour. Le ministre américain de la Défense assure avoir supprimé un cinquième des postes de généraux et d’amiraux, soit 20% du total. Il s’est exprimé devant un parterre de militaires sur la base de Quantico, en Virginie, en assumant pleinement la portée de la décision. Les journalistes, dit-il, parlent d’une purge. Lui préfère les mots de responsabilité, de nécessité attendue depuis longtemps et, franchement, de strict minimum.

Le mouvement s’inscrit dans une dynamique entamée au printemps 2025, quand il avait déjà acté une baisse de 10% des effectifs concernés, et de 20% parmi les gradés les plus élevés, ceux qui portent quatre étoiles. Sauf que les chiffres racontent une autre histoire. En mai 2025, l’armée américaine recensait 831 généraux et amiraux. Au dernier relevé connu, daté du 31 juillet 2026, ils étaient 851, soit une légère hausse. Interrogé pour savoir si la coupe de 20% était bel et bien appliquée ou toujours en cours, le Pentagone a botté en touche, se retranchant derrière un communiqué qui ne répond pas à la question.

Au-delà des chiffres, c’est un rapport de force plus large qui se joue. Depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche début 2025, les plus hauts rangs de l’armée ont été bousculés, eux qui restaient jusqu’ici plutôt tenus à l’écart des luttes partisanes. Dès février 2025, le général Charles Brown, installé à la tête de l’état-major interarmées par le démocrate Joe Biden, a été écarté sans la moindre justification. La liste n’a cessé de s’allonger, avec les responsables de la Marine, des garde-côtes, de l’agence de renseignement NSA, le chef d’état-major de l’armée de l’air et son adjoint. Début avril, en pleine guerre contre l’Iran, c’est le chef d’état-major de l’armée de terre, le général Randy George, qui a été poussé vers la sortie du jour au lendemain, là encore sans explication du Pentagone.

Pete Hegseth, lui, ne cache pas ses intentions. « Vous ne changez pas la culture avec les mêmes personnes qui l’ont permise », a-t-il tranché. Il a rebaptisé l’administration qu’il dirige « ministère de la Guerre » et veut réinjecter dans l’armée américaine, qui dispose du plus gros budget de la planète, la figure du guerrier. Des tests de testostérone ont ainsi été introduits récemment, et tout élément lié à la diversité est visé. « Nous ne sommes plus le ministère woke ou le ministère faible », s’est-il félicité, jouant sur la proximité sonore entre les deux mots en anglais. Sa liste est sans filtre. Pas de gros, pas de trans, pas de barbus, pas de cinglés, pas de mauviettes, pas d’extrémistes. Juste des guerriers, coriaces, prêts et dévoués.

Un an plus tôt, depuis la même base militaire, il avait déjà prononcé un discours aux accents virilistes, s’en prenant notamment aux soldats en surpoids et aux « gros généraux et amiraux » croisés dans les couloirs du Pentagone.

La critique, elle, ne s’est pas fait attendre. Jack Reed, élu démocrate siégeant à la commission sénatoriale des forces armées, a dénoncé des décisions « irresponsables et partisanes » qui ont « abîmé » l’armée américaine. Il reproche au ministre d’avoir mis fin à la carrière de dizaines d’officiers supérieurs parmi les plus accomplis, sans jamais daigner expliquer pourquoi.

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