Nous rejoindre sur les réseaux

Faits Divers

Gino va être livré à l’Allemagne et ses soutiens craignent le pire

La Cour de cassation a rejeté le pourvoi de Rexhino Abazaj, un militant antifasciste albanais réfugié à Paris. Sa remise à l’Allemagne se précise, avec la…

Article

le

Gino va être livré à l'Allemagne et ses soutiens craignent le pire

La Cour de cassation a rejeté le pourvoi de Rexhino Abazaj, un militant antifasciste albanais réfugié à Paris. Sa remise à l’Allemagne se précise, avec la crainte qu’il soit ensuite transféré vers la Hongrie pour y purger une très lourde peine.

La plus haute juridiction de l’ordre judiciaire français a tranché. Mercredi, la Cour de cassation a rejeté le pourvoi de Rexhino Abazaj, un homme d’une trentaine d’années que tout le monde connaît sous le surnom de Gino. Elle se range ainsi derrière les conclusions du parquet général et valide sa remise aux autorités allemandes. Le 19 août, la cour d’appel de Paris avait déjà ordonné ce transfert, et l’intéressé s’était aussitôt pourvu en cassation. Pour le Comité Solidarité Budapest, qui le défend depuis le début, son arrestation, son incarcération et sa remise sont désormais imminentes.

Ce que redoutent ses défenseurs, Mes Laurent Pasquet-Marinacce et Youri Krassoulia, c’est la suite. L’Allemagne le réclame pour des violences commises en février 2023 à Budapest contre des néonazis qui défilaient, des faits pour lesquels plusieurs victimes présumées possèdent la nationalité allemande. Là-bas, il encourt jusqu’à dix ans de prison. Mais Berlin pourrait ensuite le céder à la Hongrie, où la même affaire lui vaut une peine maximale de vingt-quatre ans. Son avocat s’inquiète ouvertement, la Hongrie a peut-être déjà jugé Gino par contumace et pourrait exiger de l’Allemagne qu’il purge sa peine à Budapest. La France, elle, avait refusé par le passé de le remettre aux autorités hongroises au nom de ses droits fondamentaux. En 2025, l’Allemagne avait lancé un mandat d’arrêt européen pour les mêmes faits.

Du côté des soutiens, la colère est vive. Thomas Portes, député LFI, estime sur les réseaux sociaux que la France se fait complice des attaques visant les antifascistes et réclame que Gino soit placé sous protection citoyenne, convaincu que cette décision menace sa vie et sa sécurité. Son conseil parle d’une issue déplorable, reprochant à la Cour de cassation d’avoir entériné sans recul des exigences allemandes qu’il juge abusives, sans considération pour la sécurité de son client. Le militant peut compter sur des appuis bien au-delà de la gauche, des députées Elsa Faucillon et Sandrine Rousseau à la prix Nobel de littérature 2022 Annie Ernaux.

Le dossier de Maja T. ressemble trait pour trait au sien. Cette activiste non binaire de nationalité allemande a été remise à Budapest par l’Allemagne pour les mêmes violences contre des néonazis, et sa peine a été réduite en appel le jour même, passant de huit à sept ans de prison. Thomas Portes dit lui avoir rendu visite dans une prison hongroise et décrit des conditions de détention absolument ignobles. Me Pasquet-Marinacce met lui aussi en garde contre l’idée que les droits des justiciables seraient mieux respectés depuis le départ du nationaliste Viktor Orban. Il rappelle que la justice de ce pays a été démantelée pendant des années et qu’un État de droit ne se rebâtit pas d’un claquement de doigts. Le groupe LFI à l’Assemblée nationale abonde, les mauvais traitements infligés aux prisonniers politiques ont largement survécu au règne Orban.

Un autre dossier suivi par le même avocat arrive très vite. Le 7 octobre, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris, compétente en matière de mandat d’arrêt européen, examinera le cas de Zaid Altayeb, jeune militant antifasciste syrien réfugié en France et réclamé pour les mêmes faits présumés que Gino. Pour peser, le Comité Solidarité Budapest organise un meeting mercredi soir à la Bourse du Travail, à Paris, autour de la criminalisation de l’antifascisme. Olivier Besancenot, du NPA-Anticapitaliste, appelle à venir, et le député LFI Eric Coquerel fait partie des participants annoncés.

À lire aussi

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus