Planète
Le maquereau de l’Atlantique reprend un peu d’air, pas assez pour relâcher la pression
Les scientifiques recommandent de plafonner les captures à 353 000 tonnes pour 2027, deux fois plus que l’an dernier. Un mieux relatif qui reste sous le…


Les scientifiques recommandent de plafonner les captures à 353 000 tonnes pour 2027, deux fois plus que l’an dernier. Un mieux relatif qui reste sous le niveau des prises attendues cette année.
Le maquereau de l’Atlantique nord-est n’est plus classé parmi les stocks effondrés. La bonne nouvelle s’arrête presque là. Le Conseil international pour l’exploration de la mer, référence scientifique sur le sujet, recommande de ne pas dépasser 353 000 tonnes de captures en 2027. Ce plafond correspond au double de l’avis formulé un an plus tôt, qui tournait autour de 174 000 tonnes. Il demeure pourtant inférieur de 11 % aux prises réellement envisagées pour 2026. Traduction concrète, même avec un avis revu à la hausse, la pêche continuerait de puiser dans un stock déjà mal en point.
Cette révision s’explique par deux éléments. La situation apparaît légèrement plus favorable que prévu, et les poissons de plus de deux ans sont deux fois plus nombreux qu’estimé. De quoi souffler un peu, sans illusion. « On reste sur des valeurs très, très faibles », résume Youen Vermard, chercheur à l’Ifremer, pour qui le stock demeure surexploité. Les estimations parlent d’elles-mêmes. La biomasse des maquereaux en âge de se reproduire est passée de près de 13 millions de tonnes en 2014 à 3 millions de tonnes en 2025. Autrement dit, le stock a perdu les trois quarts de son volume en une décennie, et le chiffre de 2027 reste très loin des niveaux observés dans les années 2010.
Le vrai nœud du dossier est politique. Depuis des années, les États côtiers de l’Atlantique nord-est n’arrivent pas à s’entendre sur des quotas conformes aux recommandations des scientifiques. Conséquence directe, les captures ont dépassé ces avis de 39 % en moyenne depuis 2010. Le blocage remonte au début des années 2000. Cherchant des eaux plus fraîches, le maquereau a migré vers le nord et s’est installé dans les eaux islandaises, où il était jusque-là pratiquement absent. Les pêcheurs islandais ont commencé à le viser, imités par ceux des îles Féroé, territoire autonome du Danemark, où cette pêche a été multipliée par dix au tournant des années 2010. Norvège, Royaume-Uni, Russie et Union européenne n’ont jamais réussi à redistribuer les quotas pour laisser de la place à ces nouveaux arrivants.
Le réchauffement climatique est à l’origine de ce déséquilibre, et il pèse aujourd’hui sur toute la filière. En 2024, les captures européennes de ce poisson, pêché de Gibraltar jusqu’au Groenland, ont frôlé les 900 000 tonnes. C’est plus de deux fois le total de la pêche française, toutes espèces confondues. Sans accord entre les États concernés, l’avis scientifique de 2027 restera donc, comme les précédents, une recommandation parmi d’autres.
À lire aussi





SociétéEn Ligne 2 joursElle fait fuir l’agresseur d’une passagère du RER C et se voit remettre la médaille du mérite



PolitiqueEn Ligne 4 joursNathalie Arthaud lance sa campagne et s’en prend frontalement à Jean-Luc Mélenchon



PolitiqueEn Ligne 4 joursPlace de la Concorde, la droite et l’extrême droite répondent en masse à la messe du pape



PolitiqueEn Ligne 7 joursSégolène Royal crée la polémique en appelant à plus de voix juives sur Gaza



Faits DiversEn Ligne 3 joursRachida Dati face à un verdict qui peut lui coûter sa mairie et son avenir



SociétéEn Ligne 5 joursBlocus des lycées en Île-de-France, la colère monte et le pouvoir s’agace



PolitiqueEn Ligne 7 joursEmmanuel Macron reprend le micro, coincé entre carburants et Russie



MondeEn Ligne 7 joursNetanyahu monte à la tribune de l’ONU, seul contre tous en pleine campagne








