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Le plan climat arrive, la facture reste en suspens

Un nouveau plan pour accélérer l’adaptation de la France au changement climatique a été remis au Premier ministre. Le montant à mobiliser se compte en…

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Le plan climat arrive, la facture reste en suspens

Un nouveau plan pour accélérer l’adaptation de la France au changement climatique a été remis au Premier ministre. Le montant à mobiliser se compte en milliards d’euros par an, mais personne ne dit encore qui paiera.

Un été de chaleurs record, des canicules en série, des incendies à répétition. Le troisième plan national d’adaptation au changement climatique, publié en mars 2025, doit préparer le pays à un scénario de réchauffement de 4°C à l’horizon 2100. Sa mise en œuvre traîne, et le Premier ministre Sébastien Lecornu avait demandé à la ministre de la Transition écologique Monique Barbut de lui présenter des mesures pour accélérer la cadence. C’est désormais chose faite, avec une actualisation remise à Matignon. Le contenu n’a pas été dévoilé et aucune communication n’est prévue dans les jours qui viennent. Les chantiers concernés touchent pourtant au quotidien de tous, des écoles aux hôpitaux, en passant par le logement, les transports et les forêts.

Le chiffrage donne le tournis. D’après l’évaluation rendue publique par l’Institut de l’économie pour le climat, il faudrait mobiliser de l’ordre de 10 milliards d’euros chaque année pour tenir le rythme. Les établissements de santé auraient besoin, à eux seuls, de 1 à 2,5 milliards d’euros supplémentaires par an, un calcul établi à partir des données de l’Inspection générale des affaires sociales. Le logement réclamerait 3,2 milliards par an, selon les travaux de la Fondation pour le logement. Des sommes qui n’ont rien d’un caprice quand on les compare aux dégâts déjà encaissés.

Ne rien faire coûte d’ailleurs très cher. Les vagues de chaleur et la sécheresse devraient amputer la croissance française de 0,1 point cette année, d’après les estimations officielles. Les analystes de l’Institut de l’économie pour le climat le répètent, le premier gaspillage se situe du côté de l’inaction, les finances publiques étant les premières à trinquer. Une partie de la note retombera aussi sur les ménages et les entreprises, en particulier dans l’eau, le logement et l’agriculture.

Reste le nœud du problème, l’argent. Le gouvernement prévoit un effort budgétaire de 54 milliards d’euros en 2027 pour réduire le déficit public, ce qui laisse peu de marge de manœuvre. L’idée d’un relèvement du plafond du Livret A, un temps évoquée pour dégager une dizaine de milliards par an, s’est heurtée à l’opposition du lobby bancaire. Dans ce contexte de fin de mandat, tous les dossiers ne pourront pas avancer, concèdent les spécialistes du climat, mais certains peuvent encore franchir une étape. Ce plan remis au sommet de l’État en fait partie, à condition de trouver de quoi le financer.

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